Les cas de cancers explosent chez les rats nourris aux Ogm, selon une enquête française
Puisque l'industrie des Ogm fait ce qu'il faut pour qu'il soit difficile de mener des enquêtes longues sur les Ogm, des chercheurs français de l'équipe réunie autour de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen ont mené secrètement et durant deux ans une étude de grande ampleur sur les Ogm.
Pour mener leur étude – nom de code “In vivo” –, durant deux ans, les chercheurs ont travaillé le plus discrètement possible, quasi clandestinement révèle le Nouvel Observateur dans son numéro à paraître le 20/09/2012. Ils ont commencé par récupérer des semences de maïs Monsato au Canada, les ont ramené en France et en ont nourri les rats.
Ils ont élevé 200 rats aux Ogm pendant deux ans et les résultats sont terrifiants, tout simplement.
"Après moins d’un an de menus différenciés au maïs Ogm, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur" déclare le professeur Séralini. Tous les groupes de rats – certains nourris au maïs Ogm dans différentes proportions, d'autres aux Ogm traités aux herbicides, d'autres encore buvant de l'eau avec de faibles doses d'herbicide présents dans les champs d'Ogm – sont malades dès le 13 mois de l'expérience.
Tumeurs mammaires géantes pesant jusqu'à 25 % du poids de l'animal chez les femelles. Foie et reins des mâles touchés deux à cinq fois plus souvent par des anomalies graves... Les rats nourris aux Ogm font deux ou trois fois plus de tumeurs que les rats nourris sans Ogm. A deux ans de la moitié à 80 % des femelles ont des tumeurs.
Et ces tumeurs apparaissent plus tôt chez les animaux nourris aux Ogm 3 mois chez les femelles, 20 mois chez les mâles ! Pour des animaux dont l'espérance de vie normale est de deux ans...
Un aspect surprenant de cette étude est son financement. Le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), une association loi de 1901 a su trouver 3,2 millions d'euros pour financer cette étude. Parmi les financeurs, on relève les noms de Carrefour et Auchan, deux géants de la distribution alimentaire. Des groupes sans doute fatigués d'être pris à partie dans des scandales sanitaires (vache folle...). D'autant que la loi de 1998 sur « les produits défectueux » a étendu la chaîne des responsabilités des producteurs aux distributeurs.
Avec d'autres donateurs, ils ont financé mais aussi organisé l'indépendance des chercheurs via une structure ad hoc conduite par le Criigen. “Celui-ci a géré les fonds à l’aide d’un cabinet d’experts-comptables et d’un commissaire aux comptes. Le projet "In vivo" a été dirigé par un conseil d’administration et par un conseil scientifique” a déclaré Gilles-Éric Séralini.
Les résultats de l'étude scientifique seront publiés dans la journée par la revue américaine Food and Chemical Toxicology. La semaine prochaine, l'ensemble de l'affaire sera publié dans un livre signé de Gilles-Éric Séralini, Tous cobayes ! Un film sortira le 26 septembre, sous le même titre. Réalisé par Jean-Paul Jaud, il montrera aussi les images de l'enquête scientifique.
Les réactions à ces révélations ne se sont pas faites attendre. La Commission européenne a demandé à l'agence chargée de la sécurité alimentaire (Efsa) d'examiner l'étude et “d'en tirer les conséquences”...
En France, ce sont trois ministres, Marisol Touraine (Santé), Delphine Batho (Environnement) et Stéphane Le Foll (Agriculture et Agro-alimentaire) qui ont publié un communiqué dans lequel ils déclarent que les résultats de cette étude "font l'objet d'une saisine immédiate de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire".

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