Les coupes dans les budgets sociaux toucheront les étudiants, les chômeurs, les personnes handicapées
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A l’occasion du lancement du débat sur les choix d’orientations budgétaires, hier à l’Assemblée nationale, le ministre du Budget a dévoilé dans Les Echos les pistes du gouvernement pour le budget de l’Etat 2011.
François Baroin entend couper dans les « dépenses d’intervention », c’est-à-dire dans les aides publiques. Certaines de ces mesures annoncées vont toucher les jeunes, les personnes handicapées et les chômeurs.
Le nombre « d’emplois aidés » bénéficiant de primes et d’exonérations de cotisations pour l’embauche d’un chômeur de longue durée et de personnes sans qualification va diminuer de 60 000 et les conditions en seront durcies. L’allocation aux adultes handicapés (AAH) ne sera augmentée que de 3 % au lieu de 4,5 % prévus. Les familles d’étudiants ne pourront plus cumuler l’aide au logement (APL) et la demi-part fiscale supplémentaire pour enfant à charge.
Enfin, pour les services à la personnes dont bénéficient nombre de personnes âgées, l’exonération de cotisations patronales sur les salaires jusqu’au Smic, dont bénéficiaient les associations et structures agréées va être supprimée.
L’Association des paralysés de France (APF) – qui diffuse justement sur son site Internet des témoignages « Survivre avec l’AAH » – estime que la décision gouvernementale sur l’AAH est « abusive, méprisante et insupportable ».
L’Association des accidentés de la vie (FNATH) déclare, elle, « catastrophique sur un plan social et humain » cet « abandon des promesses du Président de la République sur l’augmentation du montant de l’Allocation aux adultes handicapés ».
La FNATH souligne « que cette population tente déjà de survivre avec une AAH dont le montant actuel est largement inférieur au seuil de pauvreté, soit 696,63 € par mois ». Elle rappelle « que les personnes handicapées ont déjà été soumises à des mesures d’économies budgétaires qui les ont durement touchées, y compris dans l’accès à la santé et aux soins, avec les franchises médicales, les déremboursements de médicaments, la hausse du forfait journalier hospitalier ».
L’Union nationale des étudiants de France (UNEF) estime que la décision prise sur le logement étudiant « va se traduire par une baisse massive de plusieurs centaines de millions d’euros des dépenses d’aide sociale aux étudiants […] malgré la précarité sociale et les problèmes de logement des étudiants, le gouvernement leur impose un choix impossible : soit se couper un bras, soit se couper une jambe ». L’Unef a décidé de lancer une pétition nationale contre ces projets.
Enfin, l’Union nationale des associations familiales (UNAF) dénonce « un coup de rabot sur les ressources des familles », soulignant que celles-ci « peinent déjà à supporter financièrement les études de leurs enfants. Cette mesure fiscale rendrait les études encore plus onéreuses, voire impossibles ».
[07.07.10]
Pour en savoir plus :
www.apf.asso.fr
www.fnath.org
www.unef.fr
www.unaf.fr/spip.php ?article11098