jeudi 9 février 2012
C’est l’un des domaines médicaux qui ont le plus progressé ces dernières années. La miniaturisation et les nouvelles technologies offrent aux patients de nouveaux espoirs. Viva fait le point sur ces avancées.
Atteinte coronarienne : stents nouvelle génération
Lorsqu’une artère coronaire ou un vaisseau sanguin se rétrécit par la formation de plaques de graisse, il y a un risque qu’il/elle s’obstrue et provoque un infarctus. Pour éviter la survenue d’un accident cardiaque, on pratique un pontage coronarien. Cette intervention chirurgicale consiste à dériver la circulation sanguine en créant un « pont » entre l’aorte et l’artère obstruée grâce à une veine non vitale, que l’on prélève souvent sur la jambe du patient. Mais, depuis quelques années, une méthode beaucoup plus simple, l’angioplastie, est utilisée, notamment en urgence pour remplacer la thrombolyse (qui consiste à dissoudre le caillot bouchant l’artère à l’aide de puissantes molécules). Pour ce faire, on introduit un ballonnet au niveau de l’aine par la veine fémorale jusqu’à l’artère malade. Là, on le gonfle afin d’élargir l’artère. Souvent, on pose un stent, une sorte de ressort métallique, afin de maintenir ouvert l’orifice du vaisseau sanguin. Le ballonnet est ensuite dégonflé puis retiré. Mais la pose du stent présente un inconvénient majeur, car celui-ci favorise, dans 20 à 30 % des cas, la formation d’un amas de cellules sur la paroi, ce qui contribue à terme à un nouveau rétrécissement de l’artère. Afin d’empêcher cette prolifération cellulaire, les nouveaux stents, dits « actifs », libèrent de faibles doses de médicaments, abaissant à moins de 10 % le risque de récidive d’obstruction de l’artère.
Valves cardiaques : on les remplace sans ouvrir le coeur
Le rétrécissement de la valve aortique est la deuxième affection cardiaque de l’adulte après les maladies coronariennes. Fréquente après 60 ans, elle entraîne des troubles sévères (essoufflement croissant, syncopes, voire une grande insuffisance cardiaque). Le traitement consiste à remplacer la valve abîmée par une autre, artificielle. Mais l’état physique du patient ou le refus de certaines personnes très âgées de subir une intervention lourde ne rendent pas toujours envisageable cette opération à cœur ouvert. Désormais, il est possible d’intervenir sur la valve malade sans opérer. On introduit dans la veine du pli de l’aine un stent auquel est accrochée la valve artificielle, que l’on déploie à l’endroit souhaité. La valve artificielle permet alors à nouveau le passage du sang dans une seule direction. Cette initiative rouennaise a été réalisée pour la première fois en 2002. Depuis, 40 patients en ont bénéficié.
Rythme cardiaque : resynchronisation locale
Parfois, le cœur ralentit (bradycardie) ou s’emballe (tachycardie). Aujourd’hui on sait mieux le resynchroniser en agissant localement. Ainsi, l’ablation endocavitaire, une intervention non chirurgicale, plus efficace et moins contraignante que les médicaments antiarythmiques, est recommandée pour traiter la tachycardie et la fibrillation atriale, qui sont toutes deux une accélération du rythme cardiaque. On fait monter jusqu’au cœur une sonde introduite au niveau du pli de l’aine. Puis on détruit les cellules anormales en appliquant un courant électrique qui reproduit les effets d’un bistouri électrique. C’est indolore, et une anesthésie locale suffit.
Thérapie cellulaire : des études françaises
Reconstituer le tissu cardiaque endommagé après un infarctus grâce à l’injection de cellules de moelle osseuse, tel est l’objectif de l’étude française Bonami, coordonnée par le centre hospitalo-universitaire (Chu) de Nantes. Des études expérimentales ont en effet démontré
que certaines cellules immatures de la moelle osseuse peuvent se transformer en cellules cardiaques et vasculaires. La thérapie cellulaire cardiaque vise donc à favoriser la réparation de la zone lésée du cœur et à permettre à ce dernier de récupérer ses capacités contractiles. Les chercheurs espèrent ainsi éviter les séquelles après un infarctus et limiter l’évolution vers l’insuffisance cardiaque.
Une équipe parisienne menée par le Pr Philippe Menasché,
cardiologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, travaille
aussi sur ce sujet, avec cette fois des cellules souches provenant des muscles de la cuisse (myoblastes). Depuis 2002, un essai clinique concernant 30 centres cliniques européens vise à évaluer, entre autres, les effets secondaires de la thérapie par myoblastes. 300 patients devraient être inclus dans ce projet d’ici à 2007.
Cœur artificiel : en attendant une greffe
En 2005, 339 patients ont pu recevoir une greffe.
Malheureusement, la pénurie de greffons
les oblige souvent à attendre de longs mois.
Le cœur artificiel représente alors un espoir
pour de nombreux malades. Différents dispositifs d’assistance cardiaque sont utilisés à l’heure actuelle permettant aux patients de vivre le plus normalement possible. Et, aujourd’hui, la miniaturisation des modèles révolutionne encore l’approche de l’assistance cardiaque.
Le cœur artificiel Jarvik 2000, pas plus grand qu’un bâton de rouge à lèvres, a été implanté pour la première fois en France en décembre 2005, au Chu de Caen. Ces avancées permettent de vivre toujours un peu plus longtemps avec
un cœur artificiel et offrent de nouveaux espoirs : ce qui n’était qu’une solution transitoire pourrait devenir, à terme, une implantation permanente.
[04.05.06]
Sylvie Boistard
Réflexes
Forte douleur dans la poitrine qui se déplace vers le cou, les bras ou le creux de l’estomac ? N’attendez pas, appelez le Samu en composant le 15. L’infarctus est une urgence pour laquelle chaque minute compte.
Chiffres
L’infarctus touche 120 000à 150 000 personnes chaque année
en France.
500 000 Français souffrent d’insuffisance cardiaque ;
on en attend le double d’ici à 2020. Cette affection représente la première cause d’hospitalisation chez les personnes de plus de 65 ans et elle est responsable
de 32 000 décès par an.
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