mardi 7 février 2012
A Turin, en Italie, pour la première fois, deux des actionnaires qui se sont enrichis grâce à la catastrophe de l’amiante pourraient comparaître devant une juridiction pénale : le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, 61 ans, et le baron belge Cartier de Marchienne, 88 ans, actionnaires et dirigeants d’Eternit. Un procès suivi avec attention dans toute l’Europe.
Parmi les nombreux Français présents, celles qu’on appelle "les veuves de Dunkerque", qui réclament justice pour leurs maris décédés de l’amiante.
C’est le 6 avril dernier que se sont ouvertes les audiences préliminaires qui détermineront la suite de la procédure judiciaire. Elles font suite aux plaintes de 2 889 victimes italiennes qui se sont portées partie civile, et à 5 ans d’enquête menée par le procureur général du Piémont, région où était exploité l’amiante et où se trouve la ville sinistrée de Casale Monferrato.
Si les juges donnent un avis positif au terme des 5 audiences préliminaires prévues, un procès pénal pourrait débuter à l’automne. Il pourrait compter jusqu’à 6000 parties civiles : anciens salariés et riverains des usines Eternit du Piémont, mais aussi d’Emilie Romagne et de Campanie. Pour Jean-Paul Tessionnière, avocat de nombreuses victimes françaises de l’amiante, l’enjeu est d’installer en Europe la notion de « crime lucratif » apparue récemment dans la jurisprudence anglo saxonne.

Pour tenter de l’éviter, le patron suisse Stephan Schmidheiny a été jusqu’à proposer à certaines des victimes des dédommagements allant de 30 000 à 60 000 euros (ce qu’elles ont refusé) et a créé une fondation pour aider au désamiantage des immeubles d’habitation et bâtiments publics.
Pour souligner l’importance de ce procès pour toute l’Europe, un rassemblement était organisé le 6 avril devant le tribunal, auquel ont participé des délégations venues de Belgique, de Suisse, de Hollande et de France.
Cette dernière était particulièrement nombreuse. Plusieurs centaines d’ adhérents de l’Andeva (Association nationale des victimes de l’amiante) et de ses associations départementales ainsi que des Caper (Comités Amiante Prévenir et Réparer) Nord, Isère, Bourgogne, Gard, Ardèche qui sont également adhérents à l’Andeva, avaient tenu à faire le déplacement, ainsi des représentants des Mutuelles de France et de Mutuelles Santé Plus, de Ban Asbestos France, de la CGT, de Allo Amiante.
[09.04.09]
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