Les questions à poser
Une opération chirurgicale fait toujours un peu peur. Mais l’époque du patient soumis au médecin tout-puissant est révolue. N’hésitez donc pas à vous informer auprès de votre chirurgien pour mettre toutes les chances de votre côté.
Cette intervention est-elle indispensable ?
L’interrogation peut paraître saugrenue, mais certaines interventions ne sont pas toujours indispensables : c’est le cas pour une rupture des ligaments du genou, par exemple, ou pour une hernie discale. On estime même que 20 % des ablations de l’utérus pourraient être évitées. N’hésitez donc pas à poser toutes les questions au chirurgien. Après tout, c’est vous qui allez passer sur le billard, pas lui. Demandez-lui s’il y a d’autres manières de traiter votre problème, quels sont les bénéfices et les risques encourus dans chaque cas ? Vous devez obtenir le maximum d’informations claires et précises, et pour ça il est bon de préparer vos questions par écrit. Si vous vous sentez un peu désarmé, demandez à un proche de vous accompagner aux consultations : mieux vaut être deux parfois pour être sûr que l’on a compris les mêmes choses.
Combien d’opérations de ce type effectuez-vous ?
Plus un chirurgien opère, plus il est expérimenté. Ne vous gênez donc pas pour lui poser cette question. Sachez qu’aux Etats-Unis le niveau moyen d’activité d’un chirurgien est fixé à 60 interventions annuelles... Mais attention, la bonne coordination du service compte autant que la compétence du praticien. Essayez de savoir avec quels spécialistes il travaille, s’il y a un réseau de soins pour les actes postopératoires et si l’établissement dans lequel vous allez vous faire soigner est performant pour l’intervention dont vous avez besoin. Il existe des classements par catégories d’intervention sur Internet et dans certains magazines. Faites aussi fonctionner le bouche-à-oreille.
Dois-je obligatoirement subir une anesthésie générale ?
Tout dépend de l’intervention. Pour certaines, l’anesthésie locale est préférable, car il y a moins de risques et d’effets secondaires (vomissements, nausées, etc.), mais l’anesthésie générale représente encore trois quarts des anesthésies, car c’est souvent la seule solution. Vous serez informé des différentes possibilités lors de votre consultation avec l’anesthésiste. Elle est obligatoire pour connaître vos antécédents médicaux et allergies éventuelles... L’anesthésie est une des craintes principales des futurs opérés, qui se demandent s’ils vont se réveiller. Rassurez-vous, aujourd’hui, les accidents d’anesthésie purs sont de plus en plus rares : 1 décès pour 12 000 anesthésiés.
Si je souffre, comment allez-vous me soulager ?
Malgré un programme national datant de 1998, la prise en compte de la douleur est encore insuffisante en France. Mieux vaut donc savoir si le service dans lequel vous allez être opéré dispose d’un médecin spécialisé dans sa prise en charge. Sinon, demandez quels médicaments vous seront administrés si vous avez mal et sous quelle forme (comprimés, pompe à morphine ?). Plus les malades exigeront de ne pas souffrir, plus ils seront entendus.
Quelles sont les suites de l’opération ?
Renseignez-vous déjà sur la nature et la durée de l’opération, ou si des complications ou des risques d’échec (15 % des personnes souffrant de sciatiques continuent de souffrir après avoir été opérées) sont à prévoir. Demandez combien de temps durera votre hospitalisation, si vous aurez besoin de rééducation ou de soins postopératoires, quand vous pourrez reprendre votre travail et vos activités sportives... Il est important de savoir quelles sont les recommandations du médecin avant de sortir de l’hôpital et qui s’occupera de vous après.
Combien va me coûter l’intervention ?
En général, une intervention chirurgicale pratiquée dans un établissement proche de chez vous est prise en charge à 100 %. Mais si vous vous faites opérer hors de votre département, renseignez-vous auprès de votre caisse d’assurance-maladie et de votre mutuelle pour savoir si vous serez remboursé intégralement, car les tarifs journaliers, par exemple, ne sont pas identiques partout. De même, si vous avez rendez-vous avec le chirurgien à son cabinet privé, ou à l’hôpital dans le cadre de son secteur privé, cela coûtera plus cher que si vous le consultez à l’hôpital. Demandez le prix de la consultation en prenant rendez-vous. Attention : certains chirurgiens pratiquent des dépassements d’honoraires qui ne seront pas pris en compte par votre mutuelle complémentaire.
[20.12.04]
Brigitte Bègue