Santé

Les vertus des cures thermales

Environ 500 000 curistes fréquentent chaque année les 104 stations thermales françaises. Et pour cause  ! Les cures soulagent nombre de maladies. Des effets réels que diverses études scientifiques corroborent depuis quelques années.

La rhumatologie en tête

Actuellement, la rhumatologie est la principale prescriptrice de cure thermale et représente plus de 70 % des cures, que l’on suit pour traiter l’arthrose, des lombalgies, des douleurs aux cervicales ou liées aux suites opératoires (accident, fractures…), mais aussi la fibromyalgie.

Depuis quelques années, les effets de la médecine thermale font l’objet d’une évaluation scientifique dont les premiers résultats démontrent une diminution de la douleur physique tout comme celle de la consommation d’anti-inflammatoires, et un mieux-être durable, prouvant ainsi que le service médical rendu (Smr) des cures est réel. La Haute Autorité de santé a également reconnu les effets antalgiques des cures thermales dans les cas de lombalgies chroniques, et l’efficacité de la balnéothérapie dans l’amélioration de la mobilité et de la qualité de vie des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde. En 2009, l’étude Thermathrose, financée par l’Association française pour la recherche thermale (Afreth), a mis en évidence l’intérêt du thermalisme dans le traitement de l’arthrose du genou (ou gonarthrose). 462 patients ont ainsi reçu leur traitement habituel seul ou complété de soins thermaux durant dix-huit jours (bains et applications de boue, exercices de mobilisation en piscine et massages…).

Résultat : six mois plus tard, plus de 50 % des curistes avaient noté une nette diminution de leurs douleurs et une meilleure mobilité pour marcher, se lever, sortir de leur voiture, contre 36,4 % chez les patients témoins qui n’avaient pas suivi de cure.

Ces améliorations sont toujours appréciées neuf mois après le séjour dans une station thermale. Au regard de ces résultats, la cure thermale pourrait être inscrite parmi les recommandations de prise en charge de l’arthrose du genou.

Prendre les eaux pour perdre du poids

Près de 55 000 curistes suivent chaque année une cure thermale avec une indication de surcharge pondérale. Le surpoids affecte en effet aujourd’hui 31,9 % de la population française et l’obésité, 14,5 %. Et les résultats sont là : pour la première fois, l’étude MaâThermes, financée par l’Afreth, a pu démontrer qu’une cure de trois semaines destinée à réduire l’obésité était plus efficace qu’un accompagnement médical par le médecin traitant, impliquant une modification du style de vie ou la prise d’un médicament. Pour preuve : quatorze mois après la cure, les personnes en surpoids avaient perdu en moyenne 4,6 % de leur poids, voire plus de 5 % pour près de la moitié d’entre elles, soit autant que si elles avaient suivi un programme classique de perte de poids, qui dure, quant à lui, plus longtemps qu’une cure, entre seize et vingt-six semaines.

Cure en altitude pour les asthmatiques

Même chez les très jeunes enfants (à partir de 3 ans environ), une cure thermale peut être prescrite pour traiter rhinites, otites à répétition, sinusites, mais aussi bronchites chroniques, ­dilatation des bronches et asthme. Les effets des eaux thermales diffèrent d’une station à l’autre. Aussi le choix de l’établissement thermal et l’intérêt thérapeutique doivent-ils être discutés avec le médecin traitant. Concernant le traitement de l’asthme, une cure en altitude peut être recommandée : en montagne, l’air est sec, non pollué, et les acariens, source d’allergie, qui prolifèrent en milieu chaud et humide, ne s’y plaisent pas. De fait, ce genre de cure améliore nettement l’état de santé des enfants asthmatiques.

L’éducation thérapeutique fait également partie intégrante des soins médicaux et repose sur la surveillance de l’asthme, la bonne utilisation des médicaments, l’élimination des allergènes… Enfin, prendre les eaux peut être utile de manière préventive pour les personnes présentant un terrain favorable à la survenue de la maladie ou ayant des antécédents familiaux de maladie respiratoire.

Soulager l’eczéma et le psoriasis

L’eczéma touche environ 3 % des adultes, et 15 % à 20 % des enfants. Ces derniers représentent d’ailleurs la majorité des 20 000 curistes qui ont suivi en 2010 une cure thermale dans un établissement français pour traiter ce type de problèmes. Les stations thermales accueillent même des bébés dès l’âge de 6 mois.

La cure thermale améliore la qualité de vie et atténue les démangeaisons, même les plus sévères. Les soins thermaux y sont évidemment pour quelque chose, mais les ateliers «  pommadage  », les groupes de parole avec des médecins et les psychothérapies permettent également aux jeunes curistes de mieux supporter leur maladie. En apprenant à prendre davantage soin de leur peau, ils parviennent à espacer les poussées d’eczéma. Cette thérapie éducative apporte ainsi un réel mieux-être durant les mois qui suivent la cure. Les cures thermales peuvent aussi soulager le psoriasis, l’urticaire rebelle ou encore les cicatrices hypertrophiques de brûlures.

Les autres indications

Les cures thermales permettent également de traiter des troubles de l’appareil circulatoire (insuffisance veineuse chronique, séquelles de phlébites...), des affections psychosomatiques (anxiété, dépression...), des maladies cardio-vasculaires chroniques (artérite des membres inférieurs, hypertension artérielle, syndrome de Raynaud...), des dysfonctionnements de l’appareil digestif (colopathies fonctionnelles, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique...) et urinaire (infections urinaires récidivantes, prostatite récidivante…). Chez les enfants, elles traitent, outre les affections Orl récidivantes (otites, sinusites, bronchites, asthme...), les affections ostéoarticulaires (fractures avec retard de consolidation, maladies osseuses de croissance...), l’anorexie, ou encore le « pipi au lit ».

 

-  [02.01.12]   Sylvie Boistard

Sécurité sociale : quelle prise en charge  ?

L’assurance-maladie prend en charge les honoraires médicaux à hauteur de 70 %, et les soins thermaux, à 65 %. La cure doit être prescrite par un médecin, être réalisée dans un établissement thermal agréé et conventionné et comprendre dix-huit jours de soins. L’orientation thérapeutique doit figurer sur la liste établie par la Sécurité sociale. Les frais de transport et d’hébergement peuvent également être pris en charge selon certaines conditions de ressources. Si la cure thermale est liée à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le patient peut bénéficier d’indemnités journalières sans conditions de ressources. En général, comptez environ 1 500 euros (auxquels il faut soustraire la partie remboursée par la Sécurité sociale et/ou les complémentaires) pour le coût global d’une cure thermale, transport et hébergement compris.

Le remboursement des cures thermales représente 0,15 % des dépenses de santé.

Témoignage

"Les bienfaits de ma cure durent plusieurs mois"

Monique de Saint-Jean, retraitée, administratrice de la Mutuelle Mfbco J’ai eu un grave accident de la route en 1982, j’avais trente-cinq ans.

Le chirurgien qui m’a opérée m’a conseillé de suivre une cure thermale pour soulager les douleurs liées au traumatisme. Ma première cure s’est déroulée à Balaruc-les-Bains (Hérault), une station spécialisée en traumatologie- rhumatologie. J’y suis arrivée avec des béquilles et je suis repartie sans  !

Cela m’a convaincue d’y retourner et je le fais depuis trente ans, chaque année au même endroit. L’arthrose s’est à présent logée dans toutes mes articulations. Avant de partir, en mai, je me traîne, au sens propre du terme : j’ai des douleurs articulaires, je suis ralentie dans mes moindres mouvements. La prise d’anti-inflammatoires et des séances de massage chez le kiné me sont indispensables.

En cure, les applications de boue thermale, les bains, la rééducation en piscine et les massages dans l’eau me font un bien fou. Et ça dure jusqu’en janvier-février de l’année d’après. Durant cette période, je n’ai plus besoin de médicaments ni de kiné, et je peux rester active, c’est très important pour moi.

envoyer l'article par mail     

 

Décryptage

Y a-t-il des aliments anticancer  ?

Près d’un tiers des cancers pourraient être évités grâce à une meilleure alimentation. S’il n’existe pas d’aliments magiques qui mettraient totalement à l’abri de cette maladie, certains d’entre eux ont de réels effets protecteurs. Les livres sur (...)  [02.01.12] • Réagir

Tous les décryptages

à lire sur le même thème

Prévention

 Vive le printemps pluvieux pour les allergiques aux pollens !

La pluie n’a pas que des désagréments, surtout au printemps pour les 20 % de Français qui (...)  [22.05.12]

 Un cancer sur six dans le monde est d’origine bactérienne ou virale

Les causes du cancer sont multiples : génétiques, environnementales, comportementales, mais aussi (...)  [22.05.12]

 La vitamine D de A à Z

La vitamine D est connue pour son rôle essentiel dans la consolidation osseuse et, depuis (...)  [06.05.12]

 Deux heures de cours un peu particulières...

Au lycée Lumière à la Ciotat, le 19 mars, les élèves de seconde 1 ont participé à un débat sur les (...)  [02.05.12]

 Sept ateliers d’un coup  !

La pendule de la Mjc de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) marque 13 h 30 ce 3 avril, mais (...)  [02.05.12]

Les fiches

 Fiches santé

 Fiches droits

 Fiches alimentation