Régions / La Mutualité mobilise contre les cancers professionnels

Lorient : un débat pour lancer le Mémo pro santé

Après Brest en avril dernier, c’est à Lorient que la Mutualité Française Bretagne organisait une rencontre-débat sur les cancers professionnels, le mardi 8 décembre. Initiée dans le cadre du dispositif Priorité santé mutualiste, cette soirée d’échange a permis également de présenter le Mémo Pro santé, un outil individuel de prévention et de traçabilité des risques au travail.

« En France, plus de deux millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes sur leur lieu de travail », a rappelé François Desriaux, rédacteur en chef de Santé et travail, une revue qui a lancé un appel à la mobilisation contre les cancers professionnels en janvier dernier.
Pour François Desriaux, en effet, seule une mobilisation générale des acteurs de la santé au travail permettra d’obliger les entreprises à respecter la réglementation qui a considérablement progressé dans ce domaine : « Mais ce n’est pas le tout d’avoir une réglementation qui s’améliore, encore faut-il qu’elle soit appliquée ! ».

Le professeur Jean Dominique Dewitte, chef de service de l’unité de pathologies professionnelles du Chu de Brest (compétente pour la région lorientaise) a estimé à une centaine environ, le nombre de cas de cancers professionnels diagnostiqués, chaque année, dans son service.
L’exposition à l’amiante est responsable de la majorité des cas. Les autres causes étant à rechercher du côté des rayonnement ionisants, des produits solvants et des poussières de bois.

Mais la reconnaissance du caractère professionnel de certains cancers est parfois un rude combat. Si le mésothéliome pleural (cancer de la plèvre) est clairement rattaché à l’exposition à l’amiante, il n’en est pas de même pour les cancers des voix respiratoires, par exemple : « Quand un type de cancer n’apparaît pas dans les tableaux des maladies professionnelles, c’est à la victime de faire la preuve du lien existant entre la maladie dont elle souffre et son activité professionnelle ».
« Il y a un énorme problème de traçabilité des produits cancérogènes dans les entreprises », estime François Desriaux. Ce qui explique que les chiffres de reconnaissance officielle des cancers professionnels par la Sécurité sociale ne reflètent absolument pas l’importance réelle du problème ».

Dans le cadre de son dispositif Priorité santé mutualiste, la Mutualité française propose aux salariés un outil - le Mémo pro santé - qui leur permet de garder la trace de leur parcours professionnel et des expositions auxquelles ils ont pu être confrontés.
« Mais le Mémo pro va aussi permettre de repérer les dangers auxquels ils sont exposés actuellement, facilitant ainsi la mise en place d’actions de prévention ou de substitution de produits », a expliqué Aldino Izzi, responsable prévention santé au travail à la Mutuelle familiale, mutuelle à l’origine de ce guide de la santé au travail.
Outil individuel de mémoire et d’information, le Mémo pro peut aussi être utilisé dans un cadre collectif par un groupe de salariés ou par les élus du personnel siégeant dans les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Chsct).
« Il peut aussi aider à la rédaction du document unique d’évaluation des risques que doivent mettre au point les entreprises », ajoute Aldino Izzi.

Pour permettre aux adhérents mutualistes de se former à l’utilisation du Mémo pro santé, la Mutualité française Bretagne a institué des groupes d’information et d’échanges.
A Lorient, le premier Groupe d’information et d’échanges a été programmé le mercredi 6 janvier, de 17 heures 30 à 20 heures, à la Maison de la mutualité, 14, rue Colbert 56100 Lorient.

 

- [10.12.09]   François Boënnec

Renseignements et inscription : Nicolas Riguidel : 02 97 21 43 63.
nriguidel@mutualite56.fr

Le guide de ma santé au travail.

Le Mémo pro santé se présente sous la forme d’un petit livret d’une soixantaine de pages, articulé en quatre grandes parties. La première intitulée « ma carrière professionnelle » consiste en un ensemble de « fiches personnelles » descriptives à remplir par l’usager selon certains critères : périodes de travail, entreprises fréquentées, type de production, description du poste et de l’environnement de travail.
Les fiches détaillent les types d’expositions susceptibles d’être rencontrés : bruit, fatigue visuelle, gestes et postures, nuisances chimiques, fibres et poussières, harcèlement, souffrance au travail.
Les événements « santé » survenus pendant la période -accident du travail, arrêts maladies, traitements thérapeutiques- doivent être également notés.

La seconde partie est consacrée à l’information sur les principales nuisances et risques professionnels. Elle traite de leur dangerosité, des secteurs d’activité concernés, de la réglementation existante, des moyens de prévention et de réparation.
Le chapitre « mes droits » aborde la législation en matière de maladies professionnelles et d’accidents du travail. Il traite du document unique d’évaluation, des droits d’alerte et de retrait, des rôles respectifs de l’inspecteur du travail, du contrôleur de la Cram et du Chsct.

La dernière partie - « A qui vous adresser » - répertorie les organismes de références (Cnam, Inrs), les associations spécialisées (Fnath, Andeva), les syndicats, et la trentaine de consultations de pathologies professionnelles présentes sur le territoire.

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