Lutte contre le sida : l'éducation fait la différence

Lutte contre le sida : l'éducation fait la différence

71 pays ont répondu à l'appel d'une grande enquête, intitulée « Sida et éducation », lancée par l'Unesco. Objectifs : mieux connaître l'implication des gouvernements dans la lutte contre la pandémie au sein même du système éducatif ; identifier et comprendre les problèmes auxquels ils sont confrontés.

« Pour nous, l'école est le lieu privilégié pour informer sur le Vih et enseigner les réflexes de prévention, explique Alexandra Draxler, coordinatrice de l'enquête et membre du groupe sur l'éducation au sein de l'Unesco. Les professionnels de l'éducation ont besoin d'informations fiables pour apporter des réponses concrètes à l'épidémie. »
Un questionnaire composé d'une centaine d'items a été envoyé par courrier électronique au ministère de l'Education de 120 pays. 71 y ont participé.
« Les ministères, dans l'ensemble, ont répondu favorablement au questionnaire, ils sont conscients de l'ampleur de l'action à mener pour enrayer l'épidémie », souligne Alexandra Draxler.
Malheureusement, malgré une apparente bonne volonté politique, les budgets sont souvent maigres, voire inexistants, et quand ils sont alloués, ils ne sont pas utilisés.

L'enquête, effectuée en 2004 et rendue publique aujourd'hui, met en lumière un manque de moyens criant. Insuffisance de financements, absence de formation des professeurs, freins religieux et culturels sont autant d'obstacles qui sont pointés dans l'étude.
Ces points faibles ont été soulignés par une autre enquête menée parallèlement auprès des organisations non gouvernementales (Ong) présentes dans 18 pays, parmi lesquels la Bolivie, le Népal, le Kenya, le Mali, le Togo... Les Ong se montrent sceptiques quant à l'implication de la plupart des gouvernements dans la lutte contre le Vih. Elles critiquent sévèrement les moyens mis en œuvre, notamment le matériel très rudimentaire dont disposent les enseignants pour informer leurs élèves sur la maladie. Elles réclament des actions de prévention à long terme au sein de l'école, mais aussi dans tous les autres secteurs. Car l'éducation est durement touchée par l'épidémie de sida. Dans certaines régions du monde, l'absentéisme des enseignants et des élèves est élevé. Les inscriptions diminuent et le nombre d'orphelins qui abandonnent l'école augmente.

La confrontation des données des deux enquêtes permettra de fournir aux différents acteurs des informations fiables afin de casser l'inertie et de s'attaquer à cette épidémie meurtrière.

« Nous réinterrogerons les ministères l'an prochain pour voir si les choses ont évolué et pour les aider à mettre en place des programmes », conclut Alexandra Draxler.
Le temps presse et la réalité est effrayante. Plus de 40 millions de personnes sont infectées par le Vih dans le monde.
500 000 enfants en sont déjà morts en 2005.

Les deux études ont été menées par l'Inter-Agency Task Team on Aids and Education (Iatt) et sont consultables sur le site de l'Unesco :
http : //portal.unesco.org

Facebook

Twitter

Newsletter

Chaque mardi, recevez l'essentiel de l'information. Abonnez-vous à (ou désabonnez-vous de) :

Dossier

Mai 2013

Prévention : la France peut mieux faire

Dossier prévention
S'il vaut mieux prévenir que guérir, dans les faits, ce n’est pas si simple. La prévention, souvent efficace, manque parfois sa cible...