Société / Après une éclipse de plusieurs mois

Macadam, le premier journal de rue, est de retour

Macadam renaît… Créé en 1993, le premier journal de rue vendu à la criée par des personnes en difficulté a connu des fortunes diverses. En janvier 2007, à Lyon, une association fondée par d’anciens vendeurs a repris le flambeau. Ils participent à l’élaboration du journal avec des professionnels des médias bénévoles. Macadam, qui permet d’améliorer leurs conditions de vie, est vraiment leur titre.

Tout commence dans un café lyonnais

Dans un café lyonnais, un matin à 8 heures. A une table, Gabriel Gaudillat prend son petit noir. Comme tous les matins, sauf les dimanches et les jours fériés, il est venu de chez lui en métro, transportant ses magazines dans un sac de sport. Il est le responsable de la distribution à Lyon de Macadam, le premier journal de rue francophone vendu à la criée par des personnes en difficulté. Ancien vendeur, ce petit homme discret est aussi le président des Artisans du Macadam, l’association qui a relancé le titre début 2007. Le magazine n’a pas les moyens d’avoir des locaux, et c’est dans ce bar qu’il attend en début de matinée les vendeurs qui veulent s’approvisionner.

Aujourd’hui deux ou trois doivent passer, il ne sait jamais exactement à l’avance. Toutefois les habitués l’avertissent s’ils ne viennent pas. « Je leur ai demandé de me passer un coup de fil. Il faut mettre des règles. Le but n’est pas qu’ils fassent carrière dans le métier, mais parce que le jour où ils trouveront un emploi plus traditionnel, ils auront des horaires et des contraintes », explique-t-il.

Etre vendeur, c’est un vrai travail

Ne lui parlez pourtant pas d’activité de « réinsertion sociale », il déteste l’expression : « De la naissance à la mort, on appartient à la société. Alors ré-insérer dans quoi  ? s’exclame-t-il. Mais la vie en société a des règles. Les gens qui sortent de prison ou qui n’ont plus d’activité depuis longtemps ont besoin de se réhabituer. Dire bonjour, par exemple, cela veut dire qu’on reconnaît l’autre. Oui, d’abord dire bonjour. » Ce qui compte dans la démarche, selon lui, est moins l’argent que le vendeur retire du placement de ses journaux que le dialogue engagé avec le passant, potentiel client. Car il ne s’agit pas de mendicité – « aider, ce n’est pas donner » –, mais d’un travail. Un travail sans bulletin de paie, ce que beaucoup de salariés ont du mal à comprendre. Que de fois Gabriel, du temps où il était vendeur, s’est-il entendu dire : « Tu ne peux pas aller travailler comme tout le monde  ! » ou « T’es encore là, toi  ? ». « Je répondais : ” Oui, comme la boucherie ou le bureau de tabac du coin de la rue. ” »


 

-  [04.02.08]   Sylvaine Frézel

Si Macadam n’est pas vendu dans votre ville

L’abonnement solidaire

Sur les 2 euros du prix de vente du magazine, 1 va directement au vendeur et l’autre sert à la fabrication du journal. Mais parce que les vendeurs ne sont pas encore présents sur tout le territoire français, Macadam propose l’abonnement solidaire, au prix de 28 euros pour 10 numéros.

10 euros reviennent à l’association les Artisans du Macadam, qui développera des ateliers d’écriture et des animations au service des vendeurs, 10 euros servent à la fabrication du journal et les 8 restants correspondent aux frais d’expédition. Les abonnements sont à régler par chèque et à adresser au siège de l’association :

Les Artisans du Macadam,association loi 1901, 9, rue Jacques-Prévert, 69140 Rillieux-la-Pape. Tél. 06 22 28 91 52.

Courriel : macadamjournal@free.fr

Site Internet : www.macadamjournal.com

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