mercredi 23 mai 2012
Mutuelle de France Sud • Site Web
Cet automne, la Mutuelle de France-Sud a démontré que son rôle allait bien au-delà du champ de la complémentarité santé. Elle s’investit dans des actions de prévention : consultations de diététique, participation aux rencontres de Priorité santé mutualiste (Psm), initiation à de nouvelles disciplines sportives, prise en compte de certaines problématiques de nutrition au travers de partenariats ou de projets communs avec des associations… Retour sur les initiatives phares.
Plaisir et santé dans l’assiette « Cuisine tes sens », le programme Psm de la Mutualité française Paca, vise à enseigner aux adhérents mutualistes à cuisiner de façon diététique et savoureuse.
Le vent qui vient du Vieux-Port transporte en cette matinée automnale des effluves iodés. A quelques encablures des quais, portes grandes ouvertes, le petit restaurant de Florent accueille stagiaires, diététicienne et chargés de prévention de la Mutualité française pour un défi de taille : préparer un repas de trois plats à tonalité méditerranéenne qui réponde aux besoins nutritionnels tout en préservant goût et saveur. C’est la deuxième fois qu’ils se rencontrent, une session de présentation ayant été organisée auparavant.
Autour des tables disposées en U, cinq apprentis cuistots arborant un tablier encore immaculé scrutent, couteau d’office à la main, les daurades royales pêchées le matin même que Florent, le chef, vient de disposer devant eux. On entre enfin dans le vif du sujet. Tout en découpant des filets, Liliane, mère de famille, raconte : « Lors de la première séance, la diététicienne nous a rappelé les principes d’une alimentation saine, puis nous avons goûté des mises en bouche en essayant de deviner les ingrédients utilisés. » Ensuite les participants ont élaboré ensemble un menu qui respecte les préconisations du Programme national nutrition santé (Pnns). Enfin le chef a apporté sa touche créative en y ajoutant des compositions d’épices, afin de créer des associations de goût inédites.
Moins gras, plus sain
« J’ai toujours été attentif à la qualité diététique des produits, explique-t-il. J’évite les graisses saturées pour privilégier les cuissons en bouillon, l’huile d’olive. De toute façon, dans le Sud, on utilise peu la crème et le beurre. Et ça n’a rien d’austère. »
Les cinq participants vont apprendre à habiller une daurade, à préparer un fumet et un sirop balsamique, à parer une courge pour mitonner un velouté, à braiser des vermicelles, à trousser une crème légère au curry, sans compter le taillage des fruits et légumes pour la salade de fenouil et de pommes et, enfin, l’assemblage final… Seuls des aliments issus du terroir et non transformés ont été utilisés pour le menu. « Le but, c’est de partir de produits bruts et d’apprendre à les cuisiner, glisse Marine, la diététicienne, trop de gens mangent encore des plats tout préparés qui sont néfastes pour leur santé. »
Patrick, directeur d’association, acquiesce. S’il est venu aujourd’hui, c’est parce qu’il veut changer ses habitudes alimentaires : « J’ai fait un infarctus il y a six mois. Plusieurs diététiciennes m’ont conseillé d’apprendre à cuisiner un minimum pour manger plus sain. » A ses côtés, Stéphane, agent Sncf, reconnaît pour sa part adorer préparer des petits plats à l’ancienne : « Pour changer, j’avais envie d’apprendre à cuisiner plus léger avec un vrai chef. » Chacun est curieux de connaître les petites astuces, de voir le tour de main du professionnel à l’œuvre. Sarah, dix-huit ans, en Bts hôtellerie-restauration, fait figure de pro dans le petit groupe, elle maîtrise gestes et ustensiles mais regrette qu’on ne lui ait pas enseigné la cuisine sans matières grasses. C’est donc un approfondissement des connaissances acquises à l’école qu’elle vient chercher.
« L’objectif dans ce module consiste aussi à valoriser l’activité physique », souligne Fabrice Bouzon, le responsable du service prévention et éducation à la santé de la Mutualité française dans les Bouches-du-Rhône. Lors de la première séance, les participants avaient reçu des podomètres, qu’ils ont gardés toute la semaine, afin d’évaluer leur nombre de pas quotidiens, sachant qu’un sujet moyennement actif devrait en effectuer autour de 10 000…
Des effluves d’épices flottent dans la petite cuisine, où l’on s’agite face aux fourneaux fumants. Les narines palpitent, les ventres gargouillent. Le temps de trinquer avec un cocktail sans alcool, le petit groupe est enfin passé à table… avant de repartir, le tablier sous le bras, le podomètre arrimé à la hanche, les papilles en fête et l’estomac – presque – léger.
[03.12.10]
Françoise Essayan-Donadio
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