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Mediator : « le dispositif de pharmacovigilance a failli à sa mission » selon l'Igas

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Mediator : « le dispositif de pharmacovigilance a failli à sa mission » selon l'Igas

L'Igas (Inspection générale des affaires sociales) a rendu son rapport au ministère de la Santé (15/01/2011) et il est clair : le Mediator aurait dû être interdit en 1999 et remis en cause dès 1995 alors que d'autres produits du même type étaient reconnus dangereux.

Ce premier rapport – un deuxième suivra sur sur la réforme de la pharmacovigilance et celle de l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) – concerne le fonctionnement des services administratifs, et les représentants de Servier n'ont donc pas été auditionnés.

Les inspecteurs de l'Igas constatent cependant que les labos Servier ont « “anesthésié” les acteurs de la chaîne du médicament » et même « les a “roulés dans la farine” », selon deux anciens présidents de la commission d’Autorisation de mise sur le marché (Amm).

Les inspecteurs ont déclaré que les labos Servier ont «  poursuivi un positionnement du médicament en décalage avec sa réalité pharmacologique » et signalent qu'ils ont eu « connaissance de pressions exercées par des personnes appartenant aux laboratoires Servier ou ayant des liens d’intérêt avec eux ».

L'administration n'est pas sans responsabilités lourdes : « le dispositif de pharmacovigilance a failli à sa mission » et l’Afssaps a fait preuve d'une « incompréhensible tolérance » pour le Mediator. Aquilino Morelle, responsable de l'équipe de l'Igas a pointé une « inexplicable tolérance à l'égard d'un médicament sans efficacité thérapeutique réelle ».

Xavier Bertrand a déclaré qu'un projet de loi sur la pharmacovigilance serait déposé avant la fin de l'année, les missions parlementaires devant se mettre rapidement au travail. Le directeur de l'Afssaps – partant – sera remplacé avant la fin janvier. Le ministre de la Santé déclare vouloir rebâtir le système de sécurité sanitaire français. Il a proposé que le financement de l'Afssaps soit désormais assuré par l'Etat et non plus par les contributions de l'industrie pharmaceutique.

Ancien directeur de l'Afssaps, Martin Hirsch a proposé dans le JDD (16/01/2010) de « bannir » les visiteurs médicaux (les VRP des labos) des cabinets médicaux sans lesquels « la France ne serait pas la championne du monde de la consommation de médicaments ».

La pharmacovigilance doit être « renationalisée » pour ne doit pas dépendre des labos, déclare-t-il, estimant qu'une loi doit «limiter l'influence des labos sur le système ».

Enfin, le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) estime que des représentants des usagers du système de santé doivent sièger dans les instances de santé – notamment à la Haute autorité de santé, à l'Afssaps... – comme le prévoit d'ailleurs la loi de 2002. Il faut, insiste le collectif, « rechercher un consensus tant sur la sécurité sanitaire en général qu’à l’égard du médicament en particulier ».

Le rapport de l'Igas :

www.igas.gouv.fr

Le Ciss : « Médiator : ce que nous attendons »:

www.leciss.org

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