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Greffes d’organes

Michelle et Yvanie, infatigables zélatrices du don

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Michelle, quarante-huit ans, est blonde et parisienne d’adoption ; Yvanie, trente ans, est d’origine normande. L’une greffée le « 18 avril 2001 » à la Pitié-Salpêtrière avec le rein d’un donneur décédé, l’autre opérée le « 31 mai 2002 » pour recevoir un rein donné par sa mère. Des dates qui comptent pour ces deux femmes, dont la première a échappé à « un long processus de détérioration physique » et la seconde à d’interminables séances de dialyse. Elles se sont rencontrées en 2000 à une conférence-débat de la Fédération nationale des insuffisants rénaux (Fnair) sur le don d’organes. Puis, parce que la greffe leur a donné une seconde chance de vie normale, l’architecte d’intérieur et l’ingénieure financière ont mis leur compétence au service d’un nouveau combat : agir pour le don d’organes.
« Tout le monde n’a pas eu notre chance », déplorent-elles. Désormais incollables sur tout ce qui relève du don d’organes, références scientifiques comprises, elles organisent, à Paris, des conférences-débats qui font salle comble. Passionnées par les « greffes d’avenir », qui pourront se pratiquer à partir de cellules souches, de greffons animaux ou du clonage thérapeutique, elles regrettent que « les prélèvements sur les vivants soient insuffisamment pratiqués en France et que le cercle des donneurs soit encore trop restreint ». Aux Etats-Unis, les greffes de reins à partir de donneurs vivants atteignent 50 %, tandis qu’en France ils plafonnent à 5 %.
Mais les préoccupations éthiques, la considération des risques courus par le donneur ou des pressions morales ou financières qu’il peut subir ne sont pas les mêmes de chaque côté de l’Atlantique. Aujourd’hui que la révision de la loi de bioéthique pourrait élargir hors du cercle familial les rangs des donneurs, Michelle et Yvanie militent pour une pleine reconnaissance par l’hôpital des activités de prélèvement et de greffe.
Désormais inséparables, ces deux transplantées courent les journées d’information dans les hôpitaux parisiens et témoignent chaque semaine à l’espace santé de la Cité des sciences (1). « La greffe coûte bien moins cher que la dialyse », rappellent-elles. Mais, derrière leur volonté inébranlable, ces deux inséparables pansent les épreuves infligées par la maladie. Yvanie a raconté son histoire sur son site Internet (2) et invité Michelle à publier la sienne. D’autres internautes les ont rejointes sur ce site qui est devenu, entre témoignages et conseils, une référence très visitée.

[17.02.04]

- Marianne Rolot

(1) Le mercredi de 12 heures à 15 heures.
(2) www.renaloo.com

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