mercredi 23 mai 2012
Aide aux aidants apporte son expertise aux proches de personnes âgées dépendantes et vivant à domicile et leur offre un accès à ses services gratuits.
Quand ma mère a commencé à ne plus me reconnaître, à hurler sans raison, ça a été très difficile », confesse Chantal. A quarante-huit ans, cette Marseillaise s’occupe de sa maman, atteinte de troubles cognitifs, avec l’aide ponctuelle d’une voisine. Mais elle perd pied : « Je ne veux pas la laisser, car elle ne supporte personne. Mais dès que je dois faire une course, je me demande comment je vais la retrouver à mon retour… C’est une angoisse constante. » Marc, lui, passe voir son père deux ou trois fois par jour, sauf que, récemment, son propre fils est tombé gravement malade et a besoin de lui… Une situation douloureuse qu’il a du mal à gérer.
« Des gens comme Chantal et Marc, il y en a malheureusement beaucoup, ils sont au bout du rouleau et ne savent plus à qui s’adresser », explique Marie-Josée Mathieu, médecin coordonnateur du réseau gérontologique Marseille Sud et membre fondateur d’Aide aux aidants (A3). Aider un proche, c’est épuisant. Souvent, les aidants sont tellement investis qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils mettent leur propre santé en danger. « Il faut savoir que chaque année à Marseille 5 ou 6 personnes meurent d’épuisement ; et ce ne sont pas forcément des conjoints très âgés ! » s’exclame le médecin.
Quelques professionnels de terrain issus des réseaux de santé vont donc décider en décembre 2006 de créer l’association A3, qui propose de l’écoute et informe sur tous les dispositifs d’aide existants. Composée de bénévoles, A3 bénéficie de financements de la Cpam, de la Ville, du conseil général, de l’agence régionale de santé (plan Alzheimer). Elle est labellisée « plateforme de répit ». « Nous avons une permanence téléphonique du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures : il suffit d’appeler le 04 91 70 76 53. Si nous sommes déjà en ligne, un répondeur prend les coordonnées des appelants pour que nous puissions les rappeler très vite », précise Alice Geoffroy, responsable de l’accompagnement. Le rôle d’A3, c’est de faire adhérer les aidants aux dispositifs qui leur sont dédiés : « La première solution de répit que nous proposons, c’est d’adhérer à un groupe d’aide technique et de soutien psychologique, explique Marie-Josée Mathieu. Les personnes y reçoivent une information sur la maladie et sur la prise en charge adaptée : comment parler à une personne démente ? Comment la nourrir, etc. ? » Chacun s’aperçoit qu’il n’est pas seul, que d’autres partagent la même expérience. Des sorties sont programmées où l’aidant vient seul, tandis que l’association s’occupe du parent malade. Des ateliers d’art-thérapie ont aussi été mis en place… « Quelle que soit la situation, on peut trouver des solutions, assure le médecin. Après, il faut que les gens les acceptent… C’est souvent le plus grand obstacle : l’aidant pense qu’il est le seul à pouvoir faire ce qu’il fait et s’épuise à continuer. Nous, on est là pour l’amener à accepter ces solutions et l’aider à son tour. »
[07.02.12]
A3 a noué des partenariats avec les réseaux de santé gérontologiques de Marseille, le Fil rouge Alzheimer (Aubagne), l’institut régional d’information et de prévention dans le domaine de la sénescence (Irips), Provence Alzheimer, Allô Alzheimer, Alma 13 (contre les maltraitances), l’Aclap et Alzheimer Aidants Bouches-du-Rhône.
Cliquez sur la carte pour sélectionnez votre région
Augan renaît solidairePour Mathieu Bostyn, lauréat du prix des Jeunes entrepreneurs solidaires, il faut imposer un (...) [11.05.12]
« Il n’y a de sens à vivre longtemps que si on est heureux »Bertrand Weil, ancien chef du service de néphrologie à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (...) [02.05.12]
« J’ai toujours été contente de mon sort »Laure est née le 29 mars 1911. Elle vient de fêter ses 101 ans. Je suis la première centenaire de (...) [02.05.12]
Continuer à se faire plaisirLes yeux rieurs et l’apparente gaieté d’Henri Danon-Boileau tranchent avec son propos. « A partir (...) [02.05.12]
Y a-t-il un mode de vie idéal ?Tout le monde se pose la question : les centenaires ont-ils une recette pour vivre aussi (...) [02.05.12]

