jeudi 9 février 2012
L’ouïe est un sens fragile. Avec l’âge, mais aussi sous l’influence de certains médicaments (quinine, aspirine, quelques antibiotiques…) et de l’exposition au bruit
tout au long de la vie, le système auditif vieillit.
Les cellules sensorielles de l’oreille interne dégénèrent
et disparaissent, entraînant, à partir de 50 ans,
une diminution progressive des capacités auditives que l’on appelle
la presbyacousie. Il y a des signes révélateurs : la personne a du mal
à suivre une conversation dans un lieu bruyant, elle augmente
le son du téléviseur, fait répéter ses interlocuteurs…
Mais les troubles auditifs ne concernent pas que les seniors. Près de 37 % des 15-19 ans souffrent de troubles de l’audition dans leur vie quotidienne.
En cause : les lecteurs MP3, mais aussi les niveaux sonores
trop élevés dans les discothèques ou les lieux publics, ou encore
les sports mécaniques. Autre point noir : le monde du travail. Certaines professions exposent les salariés à des bruits trop forts qui, à long terme, peuvent induire un vieillissement précoce de l’oreille, voire l’apparition d’acouphènes (sifflements ou bourdonnements quasi permanents et souvent handicapants). Des maladies
ou des traumatismes accidentels altèrent aussi, parfois, l’audition
ou provoquent une surdité précoce. Au total, plus de 5 millions
de Français sont malentendants, dont 40 % ont moins de 55 ans.
Une personne sur deux fait contrôler
son audition, c’est trop peu.
Une consultation chez un spécialiste s’impose dès qu’une gêne apparaît.
Car, plus la prise en charge sera précoce, plus elle sera efficace, d’autant
qu’elle n’implique pas obligatoirement le port
d’une prothèse.
De même, un dépistage auditif
est utile lorsqu’un enfant ne prononce aucun mot
à dix-huit mois, ne dit pas de petites phrases
à deux ans et demi ou n’est pas compréhensible
à quatre ans.
A partir de 60 ans, un test auditif
est nécessaire tous les ans ou tous les deux ans
afin de dépister une éventuelle anomalie. Malheureusement, beaucoup de personnes attendent trop longtemps avant de s’appareiller. Une étude Ipsos réalisée en juin 2009 montre que les patients auxquels on a prescrit une aide auditive mettent
en moyenne sept ans avant de la porter réellement. Pourtant, les prothèses numériques ont permis d’accroître la discrétion, la fiabilité et le confort des appareils qui filtrent les sons forts tout en permettant l’écoute des niveaux faibles. Il existe également
des appareils portés sur le pavillon de l’oreille
(de type « contour ») et des intra-auriculaires,
plus ou moins dissimulés dans le conduit auditif.
Depuis peu, des « mini-contours » à embout ouvert offrent une discrétion maximale. Mais, outre
que ces aides renvoient au vieillissement, le principal frein reste leur coût : la plupart sont chères
et très peu remboursées par la Sécurité sociale.
Pour préserver son capital auditif, un seul mot d’ordre : l’éloignement des sources sonores les plus bruyantes. Et, si vous ne pouvez faire autrement, protégez vos oreilles avec des bouchons spécifiques. Les moins coûteux sont en mousse de polyuréthane, souple et anallergique. Les audioprothésistes proposent aussi des bouchons d’oreilles moulés au conduit. Côté hygiène, l’usage des Coton-Tige est peu recommandé car il pousse le cérumen vers le tympan et peut le léser. Un lavage délicat du bord extérieur de l’oreille suffit, voire, si c’est nécessaire, l’utilisation d’une poire auriculaire avec de l’eau à 37 degrés. Les sprays auditifs sont également peu agressifs pour l’oreille.
[02.04.10]
Sylvie Boistard
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