jeudi 9 février 2012
Avec 370 kilos de déchets par an et par habitant, nos poubelles débordent. Or le Grenelle de l’environnement a fixé à 75 % le taux de recyclage de nos ordures d’ici à 2012. Alors, trions ensemble ! Pour faire baisser le poids sur la balance mais, malheureusement, pas toujours celui de la facture.
Le tri sélectif, c’est pas qu’on soit contre. Au contraire. C’est juste que, devant notre poubelle, un pot de yaourt dans une main et une boîte de conserve dans l’autre, on ne sait jamais quoi faire. « Je jette ? Je trie ? Je recycle ? J’en fais un pot à crayons ? » That is the question. Chaque année, nous produisons 370 kilos de déchets par an et par habitant. C’est énorme. Et seulement 30 % de nos ordures sont recyclées, alors que, chez nos voisins allemands, ce taux est de 45 %. Et, si le recyclage relève d’une obligation pour les collectivités chargées du ramassage et du tri des ordures ménagères, il s’appuie sur le volontariat des citoyens. « Pour l’instant, il n’y a aucune harmonisation au niveau national. Chaque commune ou coopération intercommunale gère son territoire. A Nancy, le tri est instauré depuis 1995 dans l’agglomération », explique Maryse Charpin, responsable de la communication chargée des dossiers d’environnement.
Et le Grand Nancy a mis le paquet. Les déchets recyclables sont valorisés au centre de tri de Ludres et revendus à des entreprises spécialisées dans le recyclage, toutes basées dans la région histoire de limiter l’impact écologique lié au transport. Plutôt bons élèves, les Nancéiens ont pris le pli et trient assez consciencieusement leurs déchets. Les campagnes d’information portent leurs fruits. Les poubelles nancéiennes ne pèsent plus que 300 kilos par habitant chaque année. Et seulement 32 % des éco-sacs ramassés sont impropres au recyclage pour cause de mauvais tri. Le reste, soit 80 000 tonnes par an, est incinéré par un traitement à sec sans fumées. Depuis 1992, l’incinérateur est à valorisation énergétique : il permet de chauffer 7 000 logements de la commune de Vandœuvre. Le nouveau cheval de bataille de la communauté urbaine, ce sont les déchets dits « verts ». « Ça représente tout de même un tiers du poids de nos poubelles. Les végétaux sont composés à 80 % d’eau. Les incinérer est très coûteux en énergie et en argent. Nous incitons donc chacun à valoriser ces déchets en les transformant en compost », souligne Mme Charpin.
Epluchures de légumes, coquilles d’œufs, filtres à café, sachets de thé, pain, branches d’arbres et tonte de gazon ont donc aussi droit à une seconde vie ! Des composteurs collectifs ou individuels ont été installés un peu partout dans les communes. Et, régulièrement, des distributions de cet or vert sont organisées pour les jardiniers amateurs.
Des mesures qui allègent nos poubelles, mais pas toujours la facture. Eh oui, que l’on trie ou pas, on paie. Que la commune investisse dans le tri sélectif et le retraitement des déchets ou pas, on paie aussi. A la taxe d’enlèvement des ordures ménagères prélevée par l’Etat et à la redevance d’enlèvement des ordures ménagères instaurée par certaines communes va bientôt s’ajouter la tarification incitative ! A la suite du Grenelle de l’environnement, les communes vont, d’ici à cinq ans, mettre en place une facturation individualisée. Sur le principe du pollueur-payeur, la tarification incitative sera calculée en fonction du poids, du volume et du taux de recyclage de nos poubelles. Une raison de plus pour s’y mettre.
[01.06.10]
Céline Lutz
Petit guide du trieur
Le verre
Ma ville dispose d’un ramassage ou bien je porte au conteneur les bouteilles, les pots et les bocaux, sans les bouchons, les capsules et les couvercles. Mais surtout pas les ampoules.
Le papier
Même chose. A défaut de ramassage, j’emporte tout au conteneur : journaux, magazines, prospectus, catalogues, livres, enveloppes et cahiers, mais pas de carton, ni de films plastique ou de parties métalliques.
Dans ma poubelle « verte »
Mes bouteilles en plastique et flacons, mes briques alimentaires, emballages en carton, boîtes de conserve, bombes aérosol et canettes métalliques. Mais surtout pas les pots de yaourt ou de crème. Ni les boîtes ou emballages en polystyrène, ni les capsules de café. Et je ne rince rien. Pas la peine : le lavage est effectué dans les usines de tri. Pour ne pas se tromper : d’une manière générale, tout emballage plastique qui se visse et se clippe est recyclable.
Dans ma poubelle classique
Tout le reste.
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