Santé

Personnes âgées : chuter n’est pas une fatalité

Chaque année en France, 9 400 personnes décèdent des suites d’une chute. Les trois quarts ont plus de soixante-quinze ans. Ces accidents de la vie courante pourraient pourtant être facilement évités. En commençant par évaluer les dangers potentiels de son logement et en y apportant quelques aménagements.

Tomber, quoi de plus banal  ? On se relève et c’est déjà oublié  ! Sauf que lorsque l’on vieillit la chute peut se révéler plus dangereuse. Et plus sournoise. Parce que si c’est arrivé une fois, on craint que cela ne se reproduise. Du coup on sort moins, on limite ses déplacements, on s’isole et, de fil en aiguille, le cercle vicieux de la perte d’autonomie s’installe. Parfois aussi la chute entraîne une fracture grave, dont les suites conduisent la personne âgée à entrer en institution.

Un tiers des plus de 65 ans et la moitié des plus de 85 ans font au moins une chute par an. Différents facteurs peuvent expliquer une perte d’équilibre : une maladie (Parkinson, diabète, troubles cognitifs…), la consommation d’alcool, la sédentarité – qui réduit la force musculaire –, la malnutrition, la prise de certains médicaments (psychotropes, neuroleptiques, antidépresseurs…), la mise en danger lors d’activités, une mauvaise vue, mais aussi l’environnement personnel. Dans 30 à 50 % des cas, la chute survient au domicile. La faute aux objets qui traînent sur le sol, aux fils électriques, aux revêtements glissants… Or, selon une enquête réalisée par OpinionWay en 2011, seulement 41 % des personnes étant tombées à leur domicile ont par la suite entrepris des aménagements dans leur logement.

Force est de constater que les risques liés aux chutes ne sont pas réellement pris en compte par les personnes âgées et leur entourage. Pour une majorité d’entre eux, la chute, c’est pour les autres. Et il reste encore difficile pour les seniors de 60 ans de se projeter et d’envisager leur propre vieillesse.

Pourtant, l’adaptation du logement pourrait être anticipée lorsque l’on est encore en bonne santé. Réaménager son intérieur n’est pas forcément difficile ou coûteux. Un tapis antidérapant ici, des dalles plus stables dans le jardin ou un éclairage plus efficace là suffisent parfois à s’assurer de vieux jours à son domicile dans de bonnes conditions.

Quelques aménagements simples pour sécuriser votre logement

Salon

Se prendre les pieds dans le tapis est assez fréquent… Fixez-le au sol avec de l’adhésif double face, surtout dans les coins. Dégagez tout ce qui peut encombrer les lieux de passage : plantes, jouets pour les animaux domestiques, petits meubles… Les fils électriques peuvent être fixés au mur ou réunis dans des gaines. Les fauteuils et canapés doivent être rehaussés ou changés pour permettre de s’asseoir et se relever plus facilement. Le parquet peut être remplacé par du linoléum.

Chambre

Attention aux descentes de lit glissantes. Fixez-les au sol avec du ruban adhésif double face.

Escaliers, couloirs

Un escalier ou des petites marches pour passer d’une pièce à l’autre sont dangereux, notamment la nuit. Un éclairage soigné doit donc être envisagé dans les cages d’escalier et les couloirs : optez pour des détecteurs de présence, qui se déclenchent à chaque passage, une veilleuse ou des interrupteurs lumineux. Préférez les ampoules qui diffusent une lumière blanche. Des barres d’appui peuvent aussi être utiles même pour monter ou descendre quelques marches.


 

-  [01.02.12]   Sylvie Boistard

Les aides possibles

Les prestataires de santé à domicile et les ergothérapeutes peuvent vous aider à évaluer les dangers. Les collectivités locales, le département, l’Agence nationale de l’habitat, les caisses d’assurance-retraite et de la santé au travail (Carsat) ou les caisses de retraite complémentaire peuvent apporter une aide financière pour les adaptations de votre logement. Une loi adoptée en 2005 a prévu un crédit d’impôt d’un montant maximal de 5 000 euros pour compenser 20 % du coût des équipements pour l’autonomie de vie des personnes âgées dans leur maison ou leur appartement. Renseignez-vous.

Pensez aux ateliers équilibre

Une perte d’équilibre, une faiblesse musculaire dans les membres inférieurs… et c’est la chute. De nombreuses mutuelles, mais aussi des Cpam, Cram ou Urcam proposent des ateliers équilibre aux plus de 60 ans. Les exercices pratiqués sollicitent les réflexes, la vitesse de réaction…

Le but de ces ateliers est alors de dédramatiser la chute, mais aussi d’apprendre à tomber sans se faire mal et à se relever en peinant le moins possible. Au fil des séances, la personne retrouve une certaine aisance et confiance dans ses déplacements.

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