Pesticides : les victimes – professionnels ou particuliers – se regroupent
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Deux ONG, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) et Health and Environment Alliance (Heal), viennent de lancer un réseau de défense des victimes des pesticides.
Ils rassemblent des agriculteurs, des riverains habitant près des zones de pulvérisations, des particuliers, jardiniers du dimanche ou non...
Leur objectif : se faire entendre. Ce qu’ils n’arrivent pas à faire aujourd’hui comme en témoigne Patrick, agriculteur en Alsace. « J’utilise des pesticides depuis 25 ans. A l’époque, à l’école, on nous disait que ce n’était pas dangereux alors je ne me suis pas méfié. J’ai épandu en tee-shirt, en short... J’ai fait des mélanges de pesticides car c’était plus efficace contre les mauvaises herbes. Tout ça sans protection. Il y a 8 ans, j’ai commencé à avoir des tremblements. Mon neurologue a diagnostiqué la maladie de Parkinson et il m’a dit que c’était probablement lié aux pesticides. J’avais 35 ans. Mais c’est difficile d’en parler. Mon médecin ne veut pas s’engager et il m’a conseillé de garder l’anonymat. J’ai fait un dossier de reconnaissance de maladie professionnelle mais ça n’avance pas. La Mutualité Sociale Agricole ne veut pas trop entendre parler de ce problème... La seule solution, c’est de nous regrouper ».
Bertrand, un particulier, habite en Eure-et-Loire :« Quand j’ai acheté ma maison, il n’y avait rien. Aujourd’hui, elle est entourée de champs de céréales. On subit les traitements de pesticides de mars à septembre, c’est un enfer. Je mène un combat quotidien contre ces produits, surtout depuis qu’on a diagnostiqué une hyperthyroïdie à mon fils Damien, âgé de 4 ans. Il était en parfaite santé, je suis certain que sa maladie est lié aux pesticides. Dans mon coin, j’essaie de mobiliser les voisins mais ils ont peur de parler et de se mettre à dos la quasi totalité des conseillers municipaux qui sont presque tous de gros céréaliers... Du coup, je suis considéré comme le vilain mouton noir. Ma famille aussi, mon fils n’est plus invité aux anniversaires de ses petits camarades... On nous isole socialement ».
Il existe bien une législation pour protéger les agriculteurs mais elle ne garantit pas une protection suffisante. Ainsi, certains pesticides sont toujours autorisés alors qu’ils sont reconnus comme dangereux par différents organismes internationaux.
Mais surtout, il n’existe aucune réglementation pour protéger les particuliers, ni norme atmosphérique d’exposition des riverains – autrement dit on ne sait pas à combien s’élèvent les concentrations des pesticides dans l’air à proximité des exploitations agricoles –, ni limites de protection autour des habitations qui pourraient être concernées par des pulvérisations...
Autant de questions qu’HEAL et le MDRGF veulent porter à travers leur réseau : « Victimes des pesticides : votre santé-notre priorité ! ».
[19.06.09]
Brigitte Bègue
En savoir plus ou témoigner :
www.victimes-pesticides.org