Social / Nîmes/Débat sur la protection sociale

Pour une politique de santé globale

Le 19 juin, les Mutuelles de France du Languedoc-Roussillon se sont réunies à Nîmes autour de Dominique Seiguin, administratrice des Mutuelles de France du Languedoc-Roussillon, et de Marc Zamichiei, vice-président de la Fédération des mutuelles de France, pour débattre du devenir de la protection sociale.

Réforme des retraites, de l’assurance maladie, déremboursement de médicaments, menaces sur l’optique et le dentaire sont de réelles préoccupations pour les assurés sociaux et pour les mutuelles. De plus, le rapport Chadelat risque de transférer plus de charges vers les complémentaires, et, donc, vers les ménages. Face à ces menaces, et à la suite du congrès de la Fédération nationale de la mutualité française (Fnmf) à Toulouse, Marc Zamichiei, vice-président de la Fédération des mutuelles de France, a fait part des propositions concrètes de la mutualité : soutenir le principe d’une protection sociale solidaire et de l’universalité des droits ; offrir une prestation santé globale sur la base d’un nouveau partenariat ; asseoir le financement des régimes de protection sociale sur la valeur ajoutée des activités économiques ; faire progresser la démocratie sociale et sanitaire avec les syndicats médicaux, les centrales syndicales et les collectifs d’associations.
Henri Gronzio (Mutuelle de Sète) s’est inquiété « de la privatisation de la Sécurité sociale » et d’une possible récupération de l’optique et du dentaire « par les assurances ». Lesquelles, profitant des failles de la Sécurité sociale, réaliseraient une opération lucrative qui, selon Marc Zamichiei, « exclurait les plus démunis ».
Un danger souligné par plusieurs participants, dont Robert Rodriguez, président de la Mutuelle des cheminots du Languedoc-Roussillon, qui ont évoqué le « système assurantiel qui appliquerait à la santé le système des bonus-malus » face à la mutualité, qui joue, elle, « un rôle d’intérêt général [elle siège à la Cram] et prône une égalité d’accès aux soins ».
Un généraliste s’est plaint, quant à lui, « du nomadisme médical et de la surconsommation médicale, induite par les patients eux-mêmes ». Une vision tempérée par Marc Zamichiei, qui a déclaré : « Ne nous culpabilisons pas les uns les autres en stigmatisant des comportements plus ou moins vertueux en matière de consommation médicale. »
Le combat essentiel de la mutualité, a-t-il ajouté, repose plus que jamais aujourd’hui « sur une meilleure organisation de notre système de santé ».

 

-  [13.08.03]   Florence Quentin

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