mercredi 23 mai 2012
Les premiers signes apparaissent souvent à l’automne, quand la clarté commence à baisser. On se rapproche de la lumière pour lire la notice d’un médicament ou l’écran de son portable. Les myopes soulèvent leurs lunettes pour mieux voir. Il faut se rendre à l’évidence : le temps a fait son œuvre et la presbytie est là. Le cristallin, cette petite lentille située derrière l’iris, a perdu la souplesse qui permet à l’œil de faire ses mises au point automatiques. Quand on est jeune, le cristallin se courbe en vision de près et se relâche pour la vision de loin. L’enfant de 3 ans voit net à 5 centimètres, l’adulte de 50 ans à partir de 50 centimètres, et celui de 70 ans à partir de 2 mètres. La presbytie survient en moyenne vers 47 ans et se stabilise autour de 60 ans. Si la myopie retarde la nécessité de corriger la presbytie, les hypermétropes, à l’inverse, peuvent être gênés dès l’âge de 35 ans.
Que faire ?
C’est le moment de prendre rendez-vous avec un ophtalmologue pour choisir avec lui le mode de correction le mieux adapté : lunettes, lentilles ou intervention chirurgicale. Ce sera aussi l’occasion de faire un bilan complet pour détecter d’éventuels problèmes (un glaucome, par exemple). Par la suite, il est conseillé de consulter son ophtalmologue tous les deux ans pour faire ajuster sa correction et poursuivre le dépistage.
Les lunettes
Si vous optez pour les lunettes, la solution la plus simple sont les demi-lunes, caractéristiques de la presbytie. Elles sont portées au milieu du nez et ne corrigent que la vision de près. Certains trouvent que ça fait chic, d’autres que ça fait vieux… Affaire de goût. Autre option : les verres progressifs, qui corrigent la vue de loin comme de près. Ils demandent une période d’adaptation, qui ne dépassera pas un mois s’ils sont bien réglés. On les porte alors en permanence. Les « loupes », ces lunettes « prêtes-à-porter » que l’on achète en libre-service, ne doivent être utilisées qu’en dépannage : la qualité des verres n’est pas très bonne et la correction est identique pour les deux yeux alors que leur vision est toujours différente.
Les lentilles
Environ 50 000 presbytes portent des lentilles, essentiellement des personnes dont la vue est déjà corrigée (myopes, hypermétropes…). Plusieurs possibilités existent, entre lentilles souples ou rigides, multi- ou monofocales, jetables ou traditionnelles.
Les lentilles multifocales sont de plus en plus répandues. Certaines corrigent la vision de loin dans leur partie haute alors que la partie basse convient à la lecture et aux travaux de près, ce sont les lentilles à segments. Dans les lentilles bifocales concentriques et les lentilles à vision simultanée, les zones dédiées à la vision de loin alternent avec celles dédiées à la vision de près. Toutes les images se superposent sur la rétine et le cerveau apprend à faire le tri. Passé 60 ans, selon l’importance de la presbytie et la qualité des larmes, l’adaptation aux lentilles peut être plus délicate. De plus, elles ne sont remboursées que pour certaines affections.
L’opération
La chirurgie de la presbytie s’est développée ces trois dernières années. Dans 80 % des cas, on intervient au laser sur la cornée, une technique indiquée chez les personnes de moins de 60 ans qui n’ont pas d’autres troubles visuels majeurs. La cornée est sculptée comme un verre progressif pour compenser les défaillances du cristallin. On privilégie la vision de loin sur l’un des yeux et la vision rapprochée sur l’autre. L’opération, rapide et indolore, n’est pas définitive et doit être renouvelée cinq à sept ans plus tard.
Chez les personnes de plus de 55 ans ou qui ont un important défaut visuel associé à la presbytie, on peut remplacer le cristallin par un implant. A partir du moment où le cristallin perd de sa transparence (cataracte), ou chez les patients très myopes ou hypermétropes, le remplacement du cristallin peut être une solution « tout en un ».
Quelle que soit la méthode, il est impossible de recouvrer une vue parfaite. Si 90 % des patients opérés se déclarent satisfaits, la vision de nuit ou la lecture de petits caractères sous un mauvais éclairage restent difficiles. Dans 5 % des cas, l’opération entraîne d’autres désagréments. Parmi les plus cités : les halos, la sécheresse oculaire, les picotements.
L’opération au laser coûte 2 500 euros pour les deux yeux et n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, mais certaines mutuelles proposent un forfait. Le coût d’un implant dépasse les 3 000 euros et il n’est remboursé que pour la cataracte.
[24.10.10]
Pascale Pisani
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