mercredi 23 mai 2012
Au moins 3 millions de Français sont touchés par le psoriasis. Bénigne au départ, cette maladie de la peau devient un véritable handicap tant elle altère la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes, avec un préjudice esthétique qui peut durer toute la vie.
Des lésions apparaissent qui prennent la forme de plaques rouges plus ou moins étendues, parfois recouvertes de squames blanches et épaisses. Elles sont localisées sur les coudes, les genoux, les mains ou le cuir chevelu, mais, une fois sur dix, le psoriasis atteint tout le corps.
Non contagieuses, ces lésions, qui entraînent des démangeaisons et des irritations, sont parfois très douloureuses. Les patients ont l’impression que leur peau leur fait mal.
Dans 20 % des cas, le psoriasis engendre des complications, et notamment une déformation des articulations : on parle alors d’arthrite psoriasique. Dans sa forme la plus grave, il s’accompagne aussi de fièvre et d’une altération de l’état général.
Le psoriasis est dû à un dysfonctionnement de l’immunité. Les cellules de l’épiderme se multiplient trop rapidement, en quatre à dix jours (au lieu de quatre semaines normalement). La peau réagit alors comme si elle était soumise à une agression : le système immunitaire intervient et développe des globules blancs, les lymphocytes T.
Les cellules, n’étant pas arrivées à maturité, s’accumulent à la surface de la peau, forment des lésions rouges et squameuses qui démangent et se fendillent, provoquant des saignements. Les peaux mortes, qui ne sont pas éliminées, forment une pellicule blanchâtre sur la peau.
Le psoriasis commence le plus souvent à l’adolescence ou chez le jeune adulte, mais il peut apparaître chez une personne âgée. Il concerne aussi bien les hommes que les femmes.
Si l’hérédité joue un rôle (une fois sur trois, on trouve des antécédents de psoriasis dans la famille), d’autres facteurs dits « environnementaux » favorisent l’apparition de la maladie : un choc psychologique ou physique (une chute par exemple), un stress, une infection Orl (angine), un vaccin, une infection bucco-dentaire, un médicament (les bêtabloquants sont souvent incriminés)...
Le psoriasis est également deux à trois fois plus fréquent chez les alcooliques.
Maladie chronique, le psoriasis évolue par poussées, sous l’influence de ces facteurs, avec des phases de rémission plus ou moins longues. Les lymphocytes T jouent un rôle clé dans ce processus mais l’évolution de la maladie reste imprévisible : un psoriasis peut rester toute une vie au même endroit et au même stade, ou, au contraire, s’étendre et s’aggraver.
Aujourd’hui, aucun traitement ne guérit définitivement le psoriasis, mais on peut en atténuer les effets. « Cette maladie m’empêche d’aller vers les autres. Je me suis fait une carapace », disent les personnes atteintes. Si la maladie n’est pas grave en soi, elle est très invalidante quand elle est située sur une partie du corps exposée aux regards, au point qu’un quart des patients disent que des gens évitent de les toucher, comme s’ils avaient une maladie honteuse.
Les conséquences psychologiques, et notamment l’altération de l’image de soi, sont telles qu’une psychothérapie est souvent associée au traitement dermatologique.
La dermatologie a recours, pour le traitement local, à des crèmes à base de corticoïdes, de dérivés de la vitamine D, de goudrons et de rétinoïdes, qui réduisent l’épaisseur des plaques ou limitent leur prolifération.
En cas de troubles plus sévères, anti-inflammatoires et immunosuppresseurs seront prescrits afin de bloquer les réactions du système immunitaire. Ces traitements ne sont pas administrés à tous les patients, car ils peuvent entraîner des effets secondaires et nécessitent une surveillance particulière.
Les cures thermales améliorent l’efficacité des traitements et le bien-être psychique : le patient voit ses squames s’estomper dans les bains. Les eaux thermales restituent une qualité de peau qui perdure plusieurs mois.
Toutes les eaux thermales ne sont pas équivalentes, il faut donc bien choisir sa station pour que la cure soit le plus efficace possible. Dans certains cas, des séances de puvathérapie (association d’une exposition aux ultraviolets et d’un médicament photosensibilisant) sont nécessaires. Mais attention : au-delà d’environ 200 séances, le risque de cancer de la peau augmente.
[06.02.06]
Florence Quentin
lire aussi : Psoriasis : des nouveaux traitements sur le marché
Contacts
Association pour la lutte contre le psoriasis (Aplcp), parc du Bondon, 23, rue de la Comtesse-de-Ségur, 56000 Vannes.
Tél. 02 97 46 48 56. Site Internet : http://www.aplcp.org//
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