jeudi 9 février 2012
Plusieurs centaines de travailleurs sans papiers ont entamé mardi 15 avril une grève illimitée pour exiger leur régularisation.
Première en France, ce mouvement concerté de travailleurs clandestins agissant à visage découvert pour dénoncer leur situation et demander un titre de séjour, était préparé de longue date par l’Union régionale Cgt d’Ile-de-France (Urif-Cgt) et l’association Droits devant.
Dans un communiqué, la Cgt explique que la grande majorité de ces salariés « a des feuilles de paye, déclare ses impôts et verse aux caisses d’assurance maladie, retraite, Assedic… […] Travaillant ici aux conditions des pays où la main d’œuvre est sous-payée, ce sont les délocalisés des branches non-délocalisables » auxquels on impose un « esclavage moderne ».
Le réseau Éducation sans frontières (Resf) , la Ligue des droits de l’homme (Ldh) et Sos racisme ont apporté leur soutien.
Pour le moment, la grève concerne 300 travailleurs d’une quinzaine d’entreprises franciliennes de différents secteurs : restauration, confection, travaux publics, transports, sécurité, nettoyage, centrales d’achat, jardinage, services à domicile, etc.
Elle risque de s’étendre puisqu’elle concerne en fait les milliers de clandestins employés traditionnellement dans tous ces métiers. Sous-payés, sans aucun droits au travail, ils sont pourchassés par la police à l’extérieur. Ils ne l’acceptent plus.
En effet, depuis un an, on assiste à une sortie de l’ombre des clandestins. En mai 2007, les salariés de Buffalo grill venus de dix huit restaurants d’Ile-de-France occupent celui de Viry-Chatillon (Essonne) pour demander leur régularisation. La moitié l’obtiendront. Le 13 février dernier, avenue de la Grande-Armée à Paris, les cuisiniers du restaurant du groupe Costes entrent en grève illimitée. Au bout d’une semaine, leur employeur demande leur régularisation. Sept l’obtiendront.
S’appuyant sur la circulaire du 7 janvier dernier qui prévoit la possibilité d’une régularisation pour les sans papiers qui ont un travail régulier, dans des secteurs qui connaissent la pénurie de main d’œuvre de surcroît, la Cgt réclame du ministère du Travail l’ouverture d’une négociation en vue de la régularisation de tous les salariés sans papiers.
L’existence de cette main d’œuvre vulnérable, taillable et corvéable à merci, pèse sur les droits de tous. c’est pourquoi la Cgt qui a mobilisé autour de cette lutte toutes ses organisations de la région parisienne, en appelle à la solidarité de tous.
[17.04.08]
Maïté Pinero
Parmi les entreprises occupées :
- Paris : Restaurant « Chez Papa » (Xe) , Pizza Marzano, (IXe), Fabio Lucci (XIXe), Cogedim (XIIIe).
- Essonne : Veolia (Wissous), Lpp (Boissy-Sous-Sains-Yon), MIillenium (Igny), Bbf (Ormoy).
- Seine-Saint-Denis : Casa Nova (Pavillons-Sous-Bois).
- Val-de-Marne : Seni (Kremlin-Bicêtre), Duca (Grigny) , Maison du nettoyage (Villejuif), Paris- Store (Thiais).
- Hauts-de-Seine : Us Passion traiteur ( Colombes), Iss (Roissy), Samsic (Roissy).
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