Santé / Santé mentale

Quelle vie après l’hôpital ?

Pour se réinsérer, les personnes souffrant de troubles psychiques ont besoin d’être suivies en ville.
Mais, en Paca, aux problèmes sociaux s’ajoutent les difficultés de logement.

Au cours de débats sur la santé mentale menés dans différentes villes de la Région, les professionnels et les associations de familles et de patients ont tenté de sensibiliser la population à ces affections qui peuvent toucher n’importe lequel d’entre nous. Les situations de précarité et le stress au travail accroissent les risques de sombrer dans les maladies psychiques, et ces dernières sont encore plus difficiles à soigner dans un contexte social dégradé.
Le logement est le premier écueil : il est impossible de soigner des personnes qui vivent dans la rue ou entassées dans des taudis, et de plus en plus difficile de trouver des appartements pour accueillir les patients sortant d’hôpital psychiatrique, en particulier dans notre Région, où le tourisme fait flamber les prix. « Il est indispensable d’installer des lits dans la cité si l’on veut tourner le dos aux pratiques d’enfermement dans les asiles, mais, avec un peu plus de 500 euros d’allocation par mois, comment se loger à Marseille ou dans une autre ville de la région ? » interroge le Dr Dolorès Torres, présidente d’Arpsydemio (voir encadré). Pour défendre le droit au logement des patients, cette association demande la création d’un plan d’hébergement thérapeutique et social.
Une fois posé ce préalable, il faut assurer le suivi des malades. Les équipes de secteur, rattachées à un hôpital psychiatrique, s’y emploient avec conviction, mais manquent de psychiatres, d’infirmiers, de psychologues, de travailleurs sociaux. L’indispensable liaison avec des partenaires extérieurs à l’hôpital est également perturbée : diminution des subventions aux associations susceptibles de créer des liens sociaux, nombre insuffisant d’assistantes sociales de quartier. Ces dernières réclament aussi une meilleure formation pour « décoder le mal-être » afin de prévenir les maladies psychiques et d’orienter les personnes en difficulté.

 

-  [16.04.04]   Françoise Cordier

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