Quels jeux ?, pour qui ?, pourquoi ?
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Quels jeux ?
Les jeux off-line, sur console, l’univers des 8-12 ans
1- Jeux d’action
Les jeux d’action font appel aux réflexes. Il ne faut penser à rien d’autre qu’à agir. Très appréciés des 8-12 ans, les jeux de course automobile ou de combat font appel à la rapidité, à la mémoire, au sang-froid. Ils peuvent se jouer seul ou à plusieurs, créent une réelle compétition entre les joueurs et permettent de s’identifier à un héros. Certains jeux sont très violents, comme le très prisé Grand Theft Auto (GTA), interdit aux moins de 18 ans, où meurtres, viols, braquages sont les moteurs de la victoire. Encouragent-ils pour autant la violence ? Difficile à dire : les enfants qui passent le plus de temps devant les jeux sont aussi ceux dont les parents s’occupent le moins ou qui fuient une situation familiale difficile. L’enfant risque-t-il de confondre jeu et réalité ? « On ne connaît pas d’enfant qui fasse la confusion, estime le Dr Matysiak, tant qu’il y a échange de stratégie et des soirées-jeu, il n’y a pas d’isolement inquiétant. »
2- Jeux de réflexion
Les consoles et les logiciels ont permis le développement des jeux d’aventure : Tomb Raider et sa super-héroïne Lara Croft, Harry Potter, Super Mario, Spyro le dragon en font partie. Le joueur s’identifie à un personnage (un avatar) et part à la découverte d’un univers : des épreuves, des adversaires, des énigmes l’attendent. Il faut réfléchir, chercher des solutions.
3- Jeux de simulation
Le joueur est dans une situation réaliste de vol ou de conduite de voiture, comme s’il conduisait lui-même. Il n’y pas de personnage qui le représente, pas de distance. De la même façon, les Sim’s permettent de se projeter directement. Le joueur construit souvent un personnage qui lui ressemble, dans un monde semblable au nôtre. Il se projette dans un monde idéal qui le passionne.
Les jeux en ligne se jouent en réseau à l’échelle mondiale, jusqu’au bout de la nuit. C’est l’univers des adolescents et des jeunes adultes.
1- Les Fps (First Player Shooter), appelés aussi Doomlike, du nom du premier jeu de ce genre.
Le joueur est dans le jeu, il voit son bras à l’écran et affronte des adversaires « réels », présents dans le réseau. Certains de ces jeux sont très violents, comme Counter Strike. « On a un flingue, on se bat, il faut être habile, développer une stratégie, c’est comme un sport », estime Victor, dix-sept ans. Très excitants, ces jeux provoquent des décharges d’adrénaline et peuvent donc être addictogènes. Ils permettent pourtant de déplacer des frustrations et d’éviter un passage à l’acte. « Mon fils joue à des jeux de course automobile affolants, dit la mère d’un jeune homme de vingt ans, mais je préfère ça que de le voir foncer sur la route. » Le jeu peut être une forme de réassurance, car l’adolescent y prouve sa valeur, mais il peut aussi y trouver une échappatoire à un conflit familial.
2- Complètement différents, les jeux en ligne les plus utilisés sont les Mmorpg, « jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs » (massive multiplayer on line role playing game). Ces jeux « en univers persistant », apparus il y a une dizaine d’années, n’ont pas de fin programmée, leur univers évolue en permanence.
Le plus prisé est aujourd’hui World of Warcraft, joué par plus de 5 millions de personnes dans le monde. Dark Age of Camelot et EverQuest ont aussi de nombreux adeptes. Ces jeux nécessitent une grande implication, une connaissance parfaite des règles. Pour être bon, il faut y passer beaucoup de temps. Ils reposent sur une complicité et des relations de pouvoir entre les joueurs qui peuvent permettre à un jeune d’avoir un rôle important difficile à trouver dans la vie, d’échapper à une réalité sociale pénible. Ces jeux persistants (puisqu’on peut y jouer à toute heure) sont les plus accaparants, l’absence du joueur sur le réseau pouvant entraîner la déchéance de son personnage.
[04.07.06]
Pascale Pisani
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