Rennes, fer de lance du bien-vivre dans les quartiers
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Rennes a été la première des villes françaises à rejoindre en 1987 le réseau européen des Villes-santé de l’Oms, et continue d’être pionnière dans ce domaine. Elle vient de constituer un groupe de travail « Santé, habitat, environnement » qui rassemble urbanistes, techniciens, médecins et associations d’habitants, mais aussi des représentants de l’observatoire régional de la santé et de la direction départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass).
« En travaillant au niveau de l’agglomération, nous cherchons à dépasser les cloisonnements légaux et à avoir une approche globale sur les liens qui existent entre santé, urbanisme et environnement », souligne Frédéric Auffray, urbaniste et coordinateur du groupe. Avec une croissance démographique parmi les plus fortes de France – 60 000 nouveaux habitants sont prévus dans les vingt prochaines années –, logements, transports et étalement urbain font partie des principales préoccupations de la ville. Quand de nouveaux quartiers sont urbanisés, quelles conséquences cela a-t-il sur la santé des Rennais ?
Au nord-ouest de la ville, l’aménagement du quartier de Beauregard se termine. Un projet réfléchi de longue date où déplacements doux et convivialité ont toute leur place. Des chemins creux traditionnels invitent à la marche. Des perspectives ouvertes vers les points vitaux de la ville en soulignent la proximité et encouragent à s’y rendre à pied. Une gestion en surface des eaux fluviales apporte un élément naturel à la ville et rend l’air plus respirable. Un choix de végétaux locaux limite la multiplication des pollens et, donc, les allergies… « Nous avons mené une étude d’impact santé pendant la réalisation de la crèche Colette, explique Alain Jourdren, responsable du service santé-environnement. Une démarche que nous allons renouveler sur un projet d’aménagement, afin d’établir une méthodologie reproductible. »
En quoi l’étude menée pour la crèche a-t-elle modifié les projets conduits à Beauregard ? D’emblée, la crèche avait été prévue en conformité avec les normes de haute qualité environnementale (Hqe) et avec le choix de l’accès à pied. L’étude a montré dans le détail comment le nouvel équipement pouvait influer sur les transports, sur les pratiques respectueuses de l’environnement et sur la cohésion sociale, et listé les retombées sur la santé. Une réflexion sur le système des livraisons a été engagée pour tenter de réduire leur nombre. L’usage de jouets en bois et la diminution des produits d’entretien sont recommandés. L’emploi de couches lavables est testé sur six enfants… Et si l’accès à pied avait bien été prévu, restait à aménager l’accès à vélo, oublié. Des déplacements « doux » qui incitent à l’activité physique et à la rencontre. Et combattent les « fléaux » d’aujourd’hui : sédentarité et solitude.
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[04.01.10]
Pascale Pisani