jeudi 9 février 2012
A l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, le Pr Vincent Camus, psychiatre, évoque le suicide des personnes âgées et donne quelques conseils pour aider les enfants à déceler un éventuel désir de passage à l’acte chez un parent.
On n’imagine pas que des personnes âgées de 70 ou 80 ans veuillent en finir avec la vie et puissent se suicider, et pourtant cela arrive. Pour preuve : durant la période 1998-2000, sur les 560 suicides recensés dans la Région Centre, 37 % concernaient des plus de 65 ans. Les hommes sont trois fois plus touchés, et, contrairement aux jeunes, ils ont plus souvent recours à des méthodes qui leur laissent très peu de chances de survie (arme à feu, pendaison, précipitation…).
Souffrir d’une maladie psychiatrique (troubles de l’humeur, dépression…) associée à un trouble de la personnalité ou à un abus de psychotropes peut expliquer ce passage à l’acte fatal. Mais un changement du cadre de vie (une maladie, l’entrée dans une maison de retraite, le décès du conjoint…) et la précarité peuvent aussi rendre la personne âgée plus vulnérable.
Que faire alors pour éviter un tel drame, d’autant que nos aînés ne parlent pas ouvertement de leur intention suicidaire ? « Il faut rester à l’écoute de son parent et arrêter de penser qu’être déprimé est quelque chose de normal quand on est âgé. Une tristesse qui perdure, des troubles du sommeil et une perte de la motivation sont des signes à prendre au sérieux, souligne le Pr Vincent Camus, psychiatre au Chu de Tours et spécialiste en gérontologie. D’autant que cette souffrance peut être traitée et soulagée. N’hésitez pas non plus à évoquer avec votre proche ses intentions suicidaires. On pense à tort que le fait de lui en parler va le pousser à passer à l’acte, mais, au contraire, il sera soulagé de pouvoir libérer sa conscience et se confier. »
Si vous entretenir avec votre parent de son désir de mourir vous paraît délicat, vous pouvez faire appel au médecin traitant qui suit votre proche ou vous tourner vers une consultation gérontologique. L’important est de ne pas rester sourd à cette souffrance inexprimée.
[01.02.10]
Sylvie Boistard
Consultation géronto-psychiatrique, rez-de-chaussée du bât. B1A, hôpital Bretonneau, 2, bd Tonnellé, 37000 Tours.
Tél. 02 34 37 89 52.
Le suicide chez les personnes âgées devrait encore prendre de l’ampleur avec le vieillissement de la population. C’est pourquoi le Pr Camus a récemment mis en place une consultation intersectorielle géronto-psychiatrique au Chu de Tours. De même, des structures adaptées aux personnes âgées devraient prochainement voir le jour au Chr d’Orléans et à l’hôpital de Blois.
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