mercredi 23 mai 2012
Mutuelles Santé plus • Site Web
Rencontre avec Séverine Laye, adhérente de Mutuelles Santé Plus, qui rentre d’une mission en Haïti, où elle est allée en tant qu’infirmière de Médecins sans frontières.
Indescriptible, inimaginable : ce sont les mots qui sont venus à l’esprit de Séverine Laye, adhérente de Mutuelles Santé Plus, en découvrant à son arrivée à Haïti pour une mission de trois mois comme infirmière de Médecins sans frontières* (Msf), le sol jonché de ruines.
« Et encore, dit-elle, je n’ai pas vécu les premières semaines qui ont suivi le séisme du 12 janvier. Les maisons se sont effondrées comme des châteaux de cartes », ensevelissant corps et biens, laissant des survivants totalement démunis et surtout blessés physiquement et psychologiquement.
Mais elle explique aussi combien elle a été frappée par l’activité déployée par les Haïtiens au jour le jour dans des rues encombrées d’abris de fortune : « Beaucoup d’entre eux refusent d’aller dans des camps. Ils ont peur qu’en leur absence les décombres de leurs maisons soient déblayés et qu’ils ne puissent plus justifier de les avoir occupées auparavant, puisqu’ils n’ont plus de papiers d’identité, ni de titres de propriété ou de contrats de location. »
Pas question non plus de se réfugier dans les maisons restées debout, d’autant que d’autres secousses telluriques ravivent le souvenir de la catastrophe. Alors on s’installe comme on peut dans des constructions provisoires.
Des fournitures d’urgence sont parvenues, mais elles ne sont pas toujours appropriées : « Essayez de planter des piquets de tente dans du bitume », note Séverine d’un ton narquois. Elle est en revanche admirative devant l’énergie surprenante dont les Haïtiens font preuve, même si nombre d’entre eux sont marqués par une forme de fatalisme endémique, exploitée par des groupes religieux, voire sectaires.
La vie se poursuit donc dans des conditions d’hygiène et de sécurité précaires : « Les Haïtiens ont une énorme capacité d’organisation et d’entraide qui s’appuie sur la hiérarchisation préexistante des communautés de quartier. »
Chargée d’installer des centres de consultation de soins primaires, Séverine l’a fait en lien avec les mairies, mais aussi avec ces chefs de communauté, « pour mieux nous faire reconnaître par la population, au sein de laquelle nous avons recruté le personnel ».
[04.10.10]
Romain Hugon
* Site Internet : www.msf.fr
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