Réussite éducative : jeunes acteurs à succès
Des ados de la cité de la Madeleine, à Evreux, jouent dans un opéra de poche qui défend la liberté de conscience des femmes. Leur spectacle, créé en mars 2009, sera à l’affiche du festival « Femmes dans la ville » de Cherbourg, le 19 mars prochain.
« Quelle joie d’aller à Cherbourg au-devant d’un grand public », exulte Rina Lusuma, impatiente de voir l’accueil qui sera réservé à leur spectacle au festival « Femmes dans la ville ». Dans Une femme est un diable, tiré d’une comédie de Prosper Mérimée, la lycéenne de dix-huit ans, timide et plutôt nerveuse, joue le rôle d’un inquisiteur. Pas facile de se mettre dans la peau d’un homme ! Elle a surmonté la difficulté en prêtant au personnage ses propres sentiments et en donnant un tour humoristique à sa prestation.
« Ce chantier s’inscrit dans un programme de réussite éducative », explique Michèle Bordier, metteur en scène et directrice artistique du théâtre du Petit-Matin, porteur du label « Espoir banlieue ». Onze comédiens de 14 à 19 ans, issus de familles de toutes origines, jouent, chantent et dansent sur les planches, avec le musicien et arrangeur musical Wayne Frost. Dès la création du spectacle, en mars 2009 à Evreux, ils ont enthousiasmé les spectateurs, qui ont qualifié leur performance de « drôle », « romantique » et même… « époustouflante ».
Une femme est un diable est une tragi-comédie où une femme, accusée d’être sorcière, va comparaître devant le tribunal de l’Inquisition. Au départ, certains jeunes n’y ont vu qu’une histoire de sorcières, avant d’apprécier l’actualité de ce texte vieux de près de deux cents ans.
« Cet opéra nous permet de faire entendre haut et fort la revendication des femmes à être considérées en tant qu’individus entièrement libres de leurs choix », estime Michèle Bordier.
Pour Rina, il existe, aujourd’hui encore, des discriminations : « Dans le monde du travail, on voit des femmes qui ne sont pas traitées à hauteur de leur valeur », commente-t-elle. A l’école, où elle fait désormais porter sa voix, elle a pu « sortir de sa coquille ». Un autre enjeu de cette œuvre haute en couleur et énergique, tant pour les filles que pour les garçons.
[01.02.10]
Marianne Rolot
Une femme est un diable,
le 19 mars à 20 h 30 au Vox, avenue de Paris,
50100 Cherbourg.
Entrée : 3 euros.
Festival Femmes dans la ville,
site Internet : www.femmesdanslaville.com