Revenus et patrimoine : les inégalités se creusent
Ce n’est pas la crise pour tout le monde. Selon une étude de l’Insee, quelques milliers de ménages ont enregistré, entre 2004 et 2007, une forte augmentation de leur patrimoine.
Sobrement qualifiés de « personnes à très hauts revenus » par l’Institut national de la statistique et des études économiques, ces ménages, qui représentent 1 % de la population française, déclarent au minimum 84 500 euros par unité de consommation*. Cette somme correspond à un couple de cadres supérieurs gagnant chacun 5 300 euros net par mois. Ou à un couple dont chacun des membres a un salaire net supérieur à 4 000 euros, auxquels il faut ajouter des revenus locatifs ou financiers de 2 600 euros mensuels.
Et le haut du panier s’en tire encore mieux : le revenu moyen déclaré par unité de consommation des plus aisés (0,01 % de la population, soit environ 5 800 ménages) est de 1,2 million d’euros par an.
Ce 1 % de la population particulièrement bien loti empoche à lui seul 5,5 % des revenus d’activité, 32 % des revenus du patrimoine et 48 % des revenus exceptionnels déclarés (dividendes, plus-values).
Ce dernier type de ressources est l’apanage des plus fortunés : seulement 2 % de la population encaisse des revenus exceptionnels, quand 99 % de la population perçoit des revenus d’activité ou de remplacement. Et, alors que les revenus d’activité n’ont progressé que de 11 % entre 2004 et 2007, les revenus du patrimoine et les revenus exceptionnels ont augmenté quatre et cinq fois plus. D’où, commente l’Insee, une croissance des inégalités par le « très haut ».
[03.05.10]
Didier Berneau
* L’unité de consommation (UC) correspond à un adulte seul. Dans une famille,
le second adulte est compté pour 0,5 UC, chaque enfant pour 0,3 UC.
Les Revenus et le patrimoine des ménages, collection « Insee Références », avril 2010, 16,50 €.