mercredi 23 mai 2012
Mutuelles de France du Var • Site Web
Durant plus de vingt-cinq ans, Alain Livache, trésorier des Mutuelles de France du Var, a participé à l’activité des chantiers navals de La Seyne. Avant d’être licencié, il a connu les grandes heures des chantiers, la disparition programmée de l’activité, la nocivité de l’amiante…
« En 1965, à l’âge de quinze ans, je suis entré aux chantiers navals de La Seyne, comme apprenti. A l’époque, il s’agissait des Forges et Chantiers de la Méditerranée, devenus en juillet 1966 les Constructions navales et industrielles de la Méditerranée. »
Alain Livache, âgé de soixante ans, jette un regard sur sa carrière dédiée tout entière aux chantiers navals de La Seyne. À cette période, 2 800 travailleurs construisaient de gros navires : paquebots, car-ferrys, cargos, minéraliers, pétroliers… A partir de 1978, le désengagement progressif de l’Etat signe la disparition de la construction navale à La Seyne.
« Durant la période faste des chantiers navals, poursuit Alain Livache, il y avait des possibilités de promotion sociale. D’apprenti, je suis devenu tourneur, puis mécanicien d’usinage. Grâce aux cours du soir, j’ai passé un Cap de dessinateur et rejoint un bureau d’études. »
L’amiante était partout
En 1982, l’Etat crée le groupe Normed (Nord-Méditerranée) pour conserver un pôle construction navale à Dunkerque, La Seyne et La Ciotat. À la même époque, les Cnim séparent leur secteur industriel, le plus rentable, de leur activité de construction navale. La Normed disparaît en 1989.
Les Constructions navales et industrielles de la Méditerranée continuent à être présentes à La Seyne, avec 800 travailleurs – le secteur réparation navale n’ayant plus rien à voir avec l’activité des années 1970, qui occupait plus de 5 000 personnes.
Licencié en 1993, Alain Livache va traverser une période de chômage et recevoir une allocation du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante. « L’amiante était partout dans la construction navale, révèle-t-il, et il a fallu des années avant que des mesures soient prises en ce sens. Dans tous les cas, ce que je retiens de mon passage aux chantiers navals, c’est la formidable solidarité qui existait entre les travailleurs. Lorsqu’un accident du travail grave se produisait, je peux vous dire que c’était La Seyne tout entière qui arrêtait son activité et débrayait. »
[03.05.10]
Daniel Cassini
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