Sur la lutte contre l'obésité et contre l'alcool, les députés ont bien entendu les lobbys

Viva *

Le débat sur la loi « Hôpital, patients, territoire, santé » a abordé plusieurs questions de santé publique importantes hier, 9 mars : publicités alimentaires visant les enfants, publicité sur l'alcool, interdiction de vente du tabac et de l'alcool aux mineurs...

Obésité : la pub alimentaire visant les enfants maintenue à la télé

L'Assemblée nationale a réaffirmé la « priorité » accordée à la lutte contre l'obésité des enfants, mais elle a refusé d'interdire les publicités pour les produits gras ou sucrés « dans les 15 minutes qui précèdent et suivent » des programmes destinés à la jeunesse .

Roselyne Bachelot en personne s'est opposée à cette interdiction en soulignant que publicitaires et professionnels de l'audiovisuel venaient de signer une charte de bonne conduite sur le sujet.

Elle a ainsi donné raison aux associations qui avaient dénoncé cette charte – très insuffisante – comme un alibi contre la prise de mesures coercitives voir ci-dessous).

Toujours sur l'alimentation des enfants, les députés ont voté oui à une proposition soumettant la restauration scolaire à des règles nutritionnelles, lesquelles seront fixées plus tard par décret.

Sida et hépatites : l'anonymat du dépistage pourra être levé

Autre amendement voté, la levée par le médecin de l'anonymat des consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) du sida et des hépatites « en cas de nécessité thérapeutique et dans l'intérêt du patient », avec l'accord du patient. Une mesure destinée à faciliter la prise en charge médicale immédiate du patient et demandé par le Conseil national du sida.

Alcool : les lobbies ont bien travaillé

Enfin, côté alcool, les parlementaires ont adopté l'interdiction de la distribution et de la vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans (au lieu de 16 ans) et élargit l'interdiction de vente de « boissons alcooliques réfrigérés » dans les stations-service. Cette interdiction ira désormais de 18 heures à 8 heures (au lieu de 22 heures à 06 heures actuellement).

La ministre de la Santé n'a pas demandé l'interdiction totale, dans un souci de trouver « une mesure équilibrée, qui concilie la santé publique et l'animation de nos territoires »...

La loi Evin de 1991 ne prenait pas en compte le net (qui n'existait pas) et il fallait actualiser. Un compromis semblait avoir été trouvé pour autoriser cette publicité sur les seuls sites des producteurs.

Mais le texte voté va beaucoup plus loin : la publicité pour l'alcool est autorisée sauf sur les sites « principalement destinés à la jeunesse » et ceux liés au mouvement sportif.
Les formes dites intrusives, comme les spams (courriels envoyés en masse) ou les pop-ups (petites fenêtres annexes s'ouvrant automatiquement) sont interdites.

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