jeudi 9 février 2012
L’association des paralysés de France (Apf) a rejoint lundi les 268 organisations politiques, syndicales, associatives, très diverses qui ont signé la pétition lancée le 10 juillet dernier pour demander l’abandon du fichier Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale).
L’Apf souligne en effet que « tous les acteurs de l’association quels qu’ils soient – élus, bénévoles, salariés ou adhérents – peuvent tomber sous le coup de ce fichier », lequel « tend à faire penser que participer à la vie de la société et défendre des valeurs serait mettre la démocratie en danger ».
Le décret de création d’Edvige a été publié au Journal officiel le 1er juillet, à l’occasion de la mise en place de la Direction centrale du renseignement intérieur (Dcri) qui regroupe les ex-renseignements généraux et la Direction de surveillance du territoire (Dst).
Institué malgré les réserves de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), Edvige organise le fichage généralisé et systématique de « toute personne âgée de 13 ans et plus […] ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique et qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sont concernés tous les citoyens qui se sont investis à des titres divers et dans les domaines les plus divers des affaires de la cité.
Edvige permet aussi de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions.
L’enregistrement des données à caractère personnel n’a aucune limite puisque pourront être répertoriées toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, à l’appartenance ethnique, à la vie sexuelle, à la santé, aux opinions politiques, philosophiques, religieuses, au patrimoine, etc.
Comme le soulignait le Syndicat de la magistrature, avec la création d’Edvige, « il s’agit aujourd’hui d’informer le gouvernement sur des individus engagés et non plus de lui permettre d’apprécier une situation politique économique ou sociale .[…] Cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne ».
35 000 signatures ont déjà demandé l’abandon de ce fichage systématique.
[21.07.08]
Maïté Pinero
Voir le site de la Ligue des droits de l’Homme (la pétition y est en ligne) :
www.ldh-france.org
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