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Toxiques, les cosmétiques ?
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Conservateurs, solvants, colorants : autant de produits
chimiques qui entrent dans la composition des cosmétiques. Certains sont sur la sellette car, à force de s’accumuler dans l’organisme, ils pourraient perturber son fonctionnement.
Les produits de beauté seraient-ils nocifs pour la santé ? C’est ce qu’affirmait en novembre dernier le mensuel Que Choisir, qui révélait avoir trouvé 56 substances potentiellement dangereuses dans les crèmes hydratantes vendues en supermarchés.
Les premiers doutes sont apparus en 1990
En 1990, déjà , une équipe de Chicago soupçonnait l’existence d’un lien entre l’utilisation régulière d’un déodorant contenant des sels d’aluminium et l’apparition d’un cancer du sein. Des expériences sur des rats ont en effet montré que ces substances pouvaient se fixer dans l’organisme et se retrouver dans le cerveau et le lait maternel.
Une autre étude n’a pas validé cette hypothèse, mais l’affaire a été relancée l’an dernier avec la publication de travaux britanniques révélant que l’on avait retrouvé du parabène, un conservateur largement employé dans les déodorants en spray, dans les tumeurs du sein cancéreuses de 437 patientes. Un résultat qui, mis en relation avec le fait que de plus en plus de cancers du sein se situent près de l’aisselle (31 % en 1926 contre 60 % actuellement), sème le doute. Si un rapport de la Commission européenne assure que ces études ne sont pas concluantes, des recherches complémentaires sont en cours.
Gare au parabène : il s’accumule dans l’organisme
Les industriels affirment eux qu’il n’y a aucun risque puisque les produits utilisés sont autorisés. Est-ce pour autant qu’ils ne sont pas dangereux ? Pas sûr.
De fait, ce n’est pas la dose de parabène qui serait en cause - celle qui a été découverte dans les tissus mammaires est très faible -, mais plutôt son accumulation dans l’organisme. Ce conservateur se retrouve dans quasiment tous les produits de beauté, dans l’alimentation et même les médicaments. Or des expériences ont montré que, à long terme, les parabènes perturbent le système endocrinien, notamment les hormones sexuelles.
Les substances les plus dangeureuses
Autres substances incriminées : les arylamines contenues dans les teintures. Une étude californienne a montré que se teindre les cheveux tous les mois pendant un an pourrait doubler le risque de cancer de la vessie. Un travail danois avait déjà révélé que les coiffeuses souffraient de cancers deux fois plus que la moyenne.
Certains éthers de glycol sont également soupçonnés. Dans un avis du 18 novembre 2005, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) restreint d’ailleurs l’utilisation de trois d’entre eux dans la fabrication des cosmétiques. Se dire qu’il suffit de lire les étiquettes des pots de crème ne résout rien car on n’y comprend pas grand-chose.
Les phtalates, par exemple, employés comme solvants dans les cosmétiques et qui, comme les parabènes, sont des perturbateurs endocriniens apparaissent sous le nom de « parfum » sur les étiquettes... Un seul conseil : prudence.
[21.11.08]
Brigitte Bègue
Voir
Cosmétiques : les composants déconseillés
Cosmétiques : être belle sans s’empoisonner
A savoir
Si vous voulez être sûre d’acheter un cosmétique le plus naturel possible, vérifiez qu’il soit estampillé Nature et Progrès, Ecocert, Qualité France ou Bdih. Seuls ces labels prouvent qu’il ne contient pas de produits chimiques suspects.
A lire
La Vérité sur les cosmétiques, de Rita Stiens, Leduc, 23 euros.
Cosmétiques, mode d’emploi, de Laurence Wittner, Leduc, 16,90 euros.