Mutualité

Un accompagnement personnalisé

Assis à une table de l’atelier, Nick fait passer des fils électriques dans un boîtier ouvert. Le formateur regarde le travail qu’il effectue : les gestes du stagiaire sont minutieux et précis. L’homme, d’une trentaine d’années, était couturier, avant un accident qui l’a empêché de continuer d’exercer son métier.« Pour ma reconversion professionnelle, j’ai hésité entre l’horlogerie – je viens de Morteau, dans le “pays horloger” – et l’électronique », explique-t-il. Il a finalement choisi l’électronique au centre de réadaptation professionnelle Jean-Moulin à Fleury-Mérogis.

L’établissement médico-social propose 162 places, dont 80 en internat, à des stagiaires envoyés là par les Maisons départementales des personnes handicapées. Accidentés du travail ou de la route, victimes de maladies invalidantes, ces hommes et femmes, s’ils viennent de toute la France, sont en majorité franciliens et, pour la plupart, originaires de l’Essonne. Les locaux, dont un beau château du xviiie siècle, donnent sur un parc de treize hectares dans le centre du vieux Fleury-Mérogis. Un agréable cadre de verdure que peuvent aussi apprécier les usagers et le personnel du centre hospitalier Frédéric-Henri-Manhès et de la maison de retraite Marcel-Paul.

Les trois institutions qui cohabitent sur le site ont été fondées par la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (Fndirp), qui les a transmises à une union mutualiste, au milieu des années 1980 (voir encadré). L’histoire est rappelée aux stagiaires à leur arrivée au centre Jean-Moulin : grâce à une souscription exceptionnelle, la Fndirp a pu acheter un domaine à Fleury-Mérogis et y ouvrir en 1948 un centre de postcure et de ­réadaptation pour les survivants des camps de déportation atteints de tuberculose et autres infections pulmonaires et osseuses.

Au fil du temps, le public a changé, les maladies et les déficiences ne sont plus les mêmes, les traitements ont évolué, le monde du travail a connu d’énormes mutations, et le secteur médico-social s’est beaucoup réformé ces dix dernières années. Le centre s’est adapté et continue de le faire, en s’appuyant toujours sur les valeurs d’humanisme et de solidarité des fondateurs, comme le souligne André Astier, son directeur depuis vingt ans, qui prenait sa retraite en juin dernier. Il insiste sur l’accompagnement global et personnalisé mis en œuvre par le Crp Jean-Moulin, qui assure 14 formations dans les secteurs de l’électronique, du tertiaire et de l’horticulture.

« Nous proposons un parcours pédagogique, avec une préformation de trois mois qui sert à conforter la validité du projet professionnel. Celle-ci peut être précédée d’une remise à niveau de trois mois. Vient ensuite la formation qualifiante, avec des stages en entreprise, d’une durée de sept à seize mois, qui débouchent sur un titre professionnel homologué par le ministère du Travail. Enfin, et c’est une spécificité du Crp Jean-Moulin, il a un module d’accès à l’emploi de deux mois en entreprise », détaille André Astier.

Les formateurs, mais aussi l’équipe médicale (médecins, psychiatre, infirmières et psychologues), l’assistante sociale, la chargée d’insertion, qui anime l’espace emploi, le service d’animation se mobilisent pour aider à la réalisation du projet d’insertion professionnelle du travailleur handicapé. Environ sept stagiaires sur dix retrouvent un emploi.

Centre Jean-Moulin, 8, rue Roger-Clavier (anciennement  « â€¯grande rue  »), 91700 Fleury-Mérogis. Tél. standard : 01 69 25 66 00  ;
service des admissions : 01 69 25 66 60.

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