mercredi 8 février 2012
Nicolas Sarkozy a présenté fin septembre son plan « Agir pour la jeunesse », qui reprend certaines propositions du « Livre vert de la jeunesse », publié en juillet par Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités.
Mesure phare du plan : l’extension du revenu de solidarité active (Rsa) aux jeunes de 18 à 25 ans ayant travaillé au moins deux ans durant les trois dernières années. Mais le Rsa socle (qui a remplacé le Rmi) ne sera pas ouvert aux jeunes n’ayant jamais travaillé. Il s’agit pourtant d’une situation discriminatoire selon le Conseil de l’Europe. Nicolas Sarkozy justifie cette décision par son refus d’« assister la jeunesse française ».
L’Unef dénonce une annonce en trompe l’œil. Les jeunes remplissant les conditions fixées par Nicolas Sarkozy peuvent déjà bénéficier de l’indemnisation chômage qu’ils n’auront pas le droit de cumuler avec le Rsa.
En revanche, les 300 000 jeunes chômeurs non indemnisés ne remplissent pas les conditions d’éligibilité au Rsa et sont donc exclus à cause de leur âge des minima sociaux. Il ne reste de l’annonce du président qu’une extension du Rsa « complément de revenu » aux 160 000 jeunes déjà au travail.
Pour ces jeunes actifs, c’est un coup de pouce de 50 à 100 euros par mois.
N’auront droit à rien les 650 000 jeunes diplômés qui tentent d’entrer chaque année sur le marché du travail et les 62 % des jeunes diplômés en 2008 qui n’ont toujours pas trouvé de travail au bout d’un an.
Si l’Unef se félicite de l’augmentation de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (qui passe de 100 à 200 euros), le syndicat craint que peu d’étudiants en bénéficient du fait de l’obligation d’établir une déclaration fiscale indépendante.
L’Unef et la Mutuelle des étudiants (Lmde) demandent le versement à chaque étudiant d’un « chèque santé » qui pourrait être mis en place par les Crous. L’Unef réaffirme sa détermination à défendre la mise en place d’une allocation d’autonomie universelle dont le montant, calculé selon la situation de chaque jeune (et non de ses parents), serait suffisant pour donner à chacun les moyens d’étudier et de choisir en toute sérénité son orientation.
[02.11.09]
Anne-Marie Thomazeau
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