jeudi 9 février 2012
Jean-Paul Panzani, Président de la Fédération des mutuelles de France, exprime son refus du projet de réforme des retraites.
Le projet de réforme du régime des retraites est présenté par le gouvernement comme incontournable, urgent et juste. Est-ce aussi votre sentiment ?
Au nom de la Fédération des mutuelles de France (Fmf), je me suis adressé, dès le mois de juin, à tous les groupements mutualistes pour leur confirmer la position de notre conseil d’administration, qui juge ce projet inacceptable. Cette position, constante depuis les premières mobilisations sociales, en mars dernier, nous comptons la réaffirmer très clairement lors des prochaines mobilisations, notamment le 7 septembre. Contrairement à ce que répète le gouvernement, la présentation du projet de loi n’empêche pas le débat public. Nous sommes très concrètement dans un débat de société, qui sera forcément long et que nul ne pourra contenir dans le cadre d’un calendrier électoral, fût-ce celui de 2012. Le progrès social pour tous et pour chacun reste l’objectif ultime des sociétés humaines. Et il incombe aux acteurs du mouvement social et de la mutualité de contribuer à dégager cet horizon que d’aucuns nous prédisent comme définitivement bouché. Pourtant, le conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance-maladie, au sein duquel siège la mutualité, a donné un avis favorable au projet du gouvernement.
C’est vrai et je le regrette. J’aurais préféré une posture plus offensive de la mutualité sur ce sujet, dans le droit-fil de tout ce qui a contribué ces derniers mois à la rapprocher des organisations syndicales. Il faut continuer dans cette voie du rassemblement des acteurs sociaux. La mutualité, les organisations syndicales doivent ainsi se retrouver ensemble à ce grand rendez-vous sociétal que représente le projet de réforme du régime des retraites, lequel est un des fondements essentiels de notre système de protection sociale solidaire.
Justement, que comptez-vous faire à l’occasion de la nouvelle journée de mobilisation lancée par les syndicats ?
Nous serons là, je l’ai dit, comme nous avons été de toutes les mobilisations précédentes. Aux Mutuelles de France, croyez-moi, nous faisons tout notre possible pour que la mutualité montre sa capacité à rester le grand mouvement social qu’elle a toujours été, et pour permettre que, demain, la solidarité demeure un des piliers de notre protection sociale. Chacun voit bien que le régime des retraites est une première digue. Ce qui en fait la plus exposée, actuellement, aux attaques de l’inégalité et de l’injustice sociales. Si cette digue venait à se rompre, c’est l’ensemble de la Sécurité sociale qui demain pourrait être emporté. La journée du 7 septembre doit donc être une réussite. C’est une nécessité sociale et démocratique.
[03.09.10]
François Fillon
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