jeudi 24 mai 2012
Les 68 délégués à l’assemblée générale de l’Union des mutuelles de cheminots et des personnels du groupe Sncf (Umcpg-Sncf) se sont retrouvés les 4 et 5 octobre à Paris. ils y ont approuvé l’action de l’Union, validé les comptes et renouvelé une partie du conseil d’administration.
Bruno Forest, président de l’Union des mutuelles de cheminots et des personnels du groupe Sncf (Umcpg-Sncf), est entré directement dans le vif du sujet, face aux 68 délégués à l’assemblée générale. « La financiarisation de l’économie a entraîné une crise sociale, économique, écologique sans précédent » que le gouvernement veut faire payer « en grande partie par les familles et les salariés », notamment en matière de santé et de protection sociale.
Avec des conséquences directes sur la Sécurité sociale, « où dorénavant on fait appel aux cotisations mutualistes pour redresser les comptes de l’assurance-maladie », transformant au passage les complémentaires santé en « collecteurs d’impôts permettant de financer des prestations de solidarité nationale ». Et demain, s’interroge Bruno Forest, « demandera-t-on aux mutuelles la prise en charge au premier euro des dépenses en dentaire et en optique, ou encore la prise en charge de certains malades en affection de longue durée ? ».
« Construire maintenant les solidarités de demain »
L’Umcpg n’échappe pas à ces réalités et doit aujourd’hui « réfléchir à l’évolution [de son] périmètre d’action », à son rôle de mutuelle cheminote, à son fonctionnement et au rajeunissement de ses cadres, estime Bruno Forest. Il pense par ailleurs qu’« il faut être pragmatique afin de répondre le plus efficacement possible à nos adhérents », de façon cohérente et sur la base des valeurs de la mutualité. Et d’abord la solidarité, qui fut au centre du congrès des Mutuelles de France (Fmf) de mai dernier sur le thème : « Construire maintenant les solidarités de demain ».
Pour cela, il faut approfondir l’« unité d’action et d’organisation de notre mouvement mutualiste cheminots Fmf sur un véritable projet partagé tout en cherchant des convergences avec l’ensemble du mouvement social », insiste Bruno Forest. Car la Sncf aussi est à un moment charnière, dans un contexte d’ouverture à la concurrence, qui vise, au bout du compte, à remettre en cause le statut des cheminots.
Pour agir, l’Union a des atouts : elle est écoutée, « elle est force de proposition et d’action pour l’amélioration du régime spécial des cheminots », elle a acquis « une reconnaissance auprès de l’entreprise et de la Cprp [Caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la Sncf], ainsi que, grâce au travail entrepris, auprès des organisations syndicales, du Cce [Comité central d’entreprise], des associations cheminotes... ». Les mutuelles de l’Union s’appuient sur une qualité de gestion reconnue, des réseaux de militants mutualistes.
Pour être plus efficace, estime enfin Bruno Forest, il faut veiller à ce que des cheminots actifs s’investissent dans des responsabilités mutualistes. Sinon, « comment être au fait de ce qui se passe à l’intérieur de l’entreprise avec les réorganisations du travail, comment être à l’écoute des cheminots face aux suppressions de sites, au management, à la souffrance au travail ? ».
L’accès aux soins remis en cause
C’est sur le refus des taxes sur les mutuelles que le débat s’est ensuite cristallisé, beaucoup faisant le constat que les lignes avaient bougé : l’ensemble « de la mutualité, en lien avec la Mutualité française, s’est mobilisé fortement et rapidement », avec une grande réactivité des Mutuelles de France et de l’Umcpg.
« La taxe est votée, mais le vote du Parlement ne clôt pas le dossier », ont déclaré plusieurs intervenants, soulignant l’importance des journées du 6 octobre – mobilisation des retraités – et du 11 octobre, la journée nationale d’action.
Au-delà, on continuera, soulignent plusieurs administrateurs, à porter dans l’entreprise Sncf la campagne contre les taxes imposées aux mutuelles, notamment avec la pétition nationale. Ce qui permettra de faire ce que recherche précisément l’Umcpg : mobiliser les cheminots, rencontrer les partenaires pour agir ensemble.
Car, beaucoup l’ont rappelé, « taxer les mutuelles, c’est taxer la santé et réduire l’accès aux soins des plus modestes ».
[02.11.11]
François Teruel
Lors de cette assemblée générale, les administrateurs de l’Umcpg ont adopté
à l’unanimité une motion contre les taxes applicables aux contrats
responsables et solidaires, observant qu’elles atteignent désormais 13,27 %
sur chaque cotisation.
« Taxer les mutuelles, c’est taxer la santé et réduire
l’accès aux soins des personnes les plus fragiles », déclarent-ils, affirmant
que « ni la Sécu, ni les services publics, ni les mutuelles ne sont une variable
d’ajustement de la crise financière ».
L’Umcpg demande l’abandon
de toutes les taxes sur les contrats mutualistes, la revalorisation des remboursements
de l’assurance-maladie et une réforme du financement de la protection sociale. Les administrateurs de l’Union appellent les mutualistes à participer
aux actions engagées par la Mutualité française au niveau local et national.
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