Santé

Venir à bout de l’acné

Les traitements locaux

Avant de traiter localement la peau acnéique, il faut la nettoyer délicatement avec des produits adaptés  : savons surgras et pains dermatologiques. Les gels spécifiques peau grasse sont efficaces mais souvent chers. Côté médicaments, les rétinoïdes (des dérivés de la vitamine A) s’attaquent aux comédons et aux kystes et renouvellent les cellules de la peau. Attention, ils peuvent provoquer des irritations et doivent être utilisés avec précaution  : les appliquer en petite quantité, sans frotter et en évitant les zones délicates comme les yeux et la bouche. Mieux vaut commencer le traitement un jour sur deux et ne pas oublier de bien hydrater sa peau avec une crème non comédogène (en général, c’est indiqué sur l’étiquette). Les rétinoïdes étant photosensibilisants, il est conseillé de protéger son visage avec un écran solaire avant de sortir. Une autre molécule, le peroxyde de benzoyle, est conseillée dans les acnés légères à modérées, à tendance inflammatoire.

Un peu irritant et asséchant, surtout en début de traitement, ce produit peut être associé à des antibiotiques locaux pour ralentir la prolifération des bactéries et l’inflammation.

Les traitements par voie orale

Pour les acnés légères, le gluconate de zinc vient en complément des traitements locaux, mais ses résultats sont modestes. Les antibiotiques (tétracyclines et érythromycine), à prendre sur plusieurs mois, combattent l’inflammation. Mais ils peuvent avoir des effets secondaires, notamment les troubles digestifs (nausées, vomissements), et sont photosensibilisants. Pour les adolescentes et les femmes très acnéiques, le traitement hormonal — mélange d’œstrogène et de progestatif anti- hormone mâle — peut être la solution la mieux adaptée, d’autant que le traitement sert en même temps de contraception. Il faut en discuter sérieusement avec son médecin, car toutes les pilules ne sont pas dosées de la même manière et certaines ont plus de contre-indications que d’autres. C’est le cas de Jasmine ou de Diane 35, par exemple. Utilisée contre les acnés résistantes, cette dernière comporte des risques de phlébite, notamment dans les deux premières années de traitement. Et n’est pas recommandée si on n’a jamais pris la pilule avant.

L’isotrétinoïde

Dérivée de la vitamine A, l’isotrétinoïne (plus connue sous le nom de Roaccutane) est aujourd’hui le traitement le plus efficace de l’acné sévère. Après six à huit mois, celle-ci disparaît complètement. Ce produit diminue la production de sébum de 70 %, est anti-inflammatoire et réduit l’infection. Attention  : les prescriptions doivent être très encadrées, à cause de possibles effets secondaires non négligeables  : dessèchement de la peau et des muqueuses, troubles hépatiques, métaboliques, oculaires… Une prise de sang est prescrite avant le début du traitement, puis un mois après et, ensuite, tous les mois chez les femmes, et tous les trois mois chez les hommes. Par ailleurs, chez les femmes, l’isotrétinoïne doit être impérativement associée à un contraceptif. En effet, en cas de grossesse, la molécule peut entraîner de graves malformations du fœtus. Les patientes doivent d’ailleurs signer un formulaire de consentement éclairé chez leur médecin avant de débuter le traitement. Quand les indications sont bien respectées, et que la surveillance médicale est régulière, ce médicament est parfaitement justifié. Il permet même à beaucoup de patients de «  revivre  ».

 

-  [01.03.10]   Florence Quentin

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