Le jeûne, effet de mode ou vraie thérapeutique ?
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Passer une semaine sans manger, une ou deux fois par an, pour nettoyer son organisme encrassé par l’abondance
et la sédentarité… Les cures de jeûne attirent certaines stars, mais elles ont peu de crédit auprès du corps médical.
Pratiquée de tout temps et dans toutes les civilisations, la privation de nourriture peut avoir une motivation spirituelle, mais aussi diététique, voire thérapeutique. En France, pays de gastronomie, l’idée que jeûner aide à bien se porter a mauvaise presse, surtout auprès des médecins. Une étude menée par l’université de Californie du Sud, parue en avril dernier, a pourtant donné des résultats surprenants : des souris mises à la diète pendant deux jours ont mieux supporté des doses élevées de chimiothérapie que celles que l’on alimentait normalement. Les tenants des vertus thérapeutiques du jeûne tiendraient-ils enfin une preuve qu’il protège l’organisme ?
Jeûner pour rester jeune…
Gisbert Bölling est un des promoteurs du jeûne en France. D’origine allemande, il a lancé dans les années 1990 une pratique connue en Allemagne sous le nom de « méthode Buchinger » et a fondé l’association Jeûne et randonnée. A Léoux, dans la Drôme, il propose des séjours d’une semaine pour reposer l’organisme trop nourri. Au menu : eau, tisane, bouillon de légumes et… cinq heures de marche. L’idée est de recréer artificiellement les périodes de privation qui existaient quand l’alimentation était soumise au rythme des saisons. Lors des périodes d’abondance, l’organisme stockait les graisses. Dans nos sociétés d’abondance, les graisses s’installent et deviennent néfastes. « Les personnes qui mangent moins vivent plus longtemps, confirme le Dr Jean-Philippe Zermati, médecin nutritionniste. En mangeant, on crée des radicaux libres qui entraînent le vieillissement. » De là à jeûner pour rester jeune… « J’ai parfois de bons retours de mes patients, mais il n’y a aucune étude validée sur les bienfaits de cette pratique. Il me semble plus important d’avoir une bonne alimentation sur la durée. »
… mais pas pour maigrir
En jeûnant deux semaines par an, ou un jour par semaine, ou en respectant le jeûne nocturne de douze heures, on compense nos excès, insiste Gisbert Bölling, qui reste très prudent : « Les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes sous traitement médicamenteux, celles qui ont connu des troubles du comportement alimentaire ou encore celles qui sont très minces ne doivent pas jeûner. » Toutefois, certaines maladies, comme l’hypertension ou les troubles de la thyroïde, pourraient être compatibles avec une semaine de « détox », avec accord médical. « Une personne bien portante peut supporter sans risques une diète d’une semaine si elle boit du bouillon, mais le corps est fait pour manger, et, quand on le pousse dans ses limites, on ne saurait prévoir ce qui peut se passer, insiste le Dr Zermati. En tout cas, ce n’est en aucune façon un moyen de perdre du poids. »
www.ffjr.com
www.jeune-et-randonnee.com.
[05.01.09]
Pascale Pisani