mercredi 8 février 2012
Dr Pascal Monnet, médecin thermal, Institut de recherches cardio-vasculaires (Ircv) de Royat (Puy-de-Dôme).
Avec l’Ircv, vous venez de publier, dans une revue internationale, les résultats d’une étude sur les bienfaits de la carbothérapie (ou CO2-thérapie) pour les patients atteints d’artériopathie. Quel est le principe de ce traitement ?
Le soin se fait en deux temps : le malade prend tout d’abord un bain d’eau banale, à 34-35 degrés, pendant dix minutes. Puis, durant trente-cinq minutes, on lui donne un bain de gaz saturé en vapeur d’eau, appliqué jusqu’à mi-thorax, à 30 degrés. Ce bain saturé en CO2 naturel entraîne une vasodilatation artérielle.
Nous avons montré, en étudiant 65 patients qui avaient reçu, soit ce traitement, soit un placebo, durant dix-huit jours – la durée d’une cure –, que les malades en retiraient un effet hémodynamique immédiat. Ils marchent mieux, leur qualité de vie s’améliore, et ce bienfait est encore visible un an après la cure.
Depuis très longtemps, on avait pu constater que les eaux de Royat étaient bénéfiques dans ce type d’affections. Là, nous démontrons scientifiquement pourquoi et comment.
L’artériopathie des membres inférieurs est assez fréquente et très invalidante. En quoi la cure apporte-t-elle un plus par rapport aux traitements traditionnels ?
L’âge moyen de la survenue de l’artériopathie est de 55 ans. Le débit sanguin, au niveau de la jambe, est alors très réduit, et cela induit de grosses difficultés pour marcher. A 55 ans, on est encore jeune, et cette incapacité est invalidante.
De plus, statistiquement, 10 % des patients vont voir, dans l’année qui suit le diagnostic, leur état cardio-vasculaire s’aggraver. Les 90 % restants, s’ils se laissent aller, verront aussi une aggravation, mais plus lente et plus progressive. Le patient souhaite donc améliorer ses performances à la marche.
La cure peut s’ajouter aux traitements à base de vasoactifs. Mais, si l’on ne prend que des médicaments, dès qu’on les arrête, le bénéfice qu’ils apportent disparaît. Et quel que soit le vasoactif prescrit, il ne sera jamais aussi efficace que la cure. Il diminue la douleur dans les jambes mais n’a pas d’effet sur les capacités de marche. En outre, ces médicaments sont peu – voire pas du tout – remboursés. La cure, elle, coûte 160 euros par an et est indolore. Nous profitons du séjour des malades pour les inciter à marcher. Nous faisons donc, en plus, l’éducation thérapeutique du patient.
[04.01.10]
Marianne Rolot
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Anne-Marie Boulet
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