- Par François Fillon

« Retrouvons une logique de cohérence du système de protection sociale »

Mireille Elbaum est inspectrice générale des affaires sociales, présidente du Haut Conseil du financement de la protection sociale. Dans le cadre du colloque « la protection sociale au XXe siècle, quel héritage », le 26 novembre, au ministère des Affaires sociales, elle revenait sur les enjeux du financement de la protection sociale.

 

« C’est bien une spécificité française que d’isoler dans les comptes la notion de financement de protection sociale. Dans tous les autres pays, on ne va pas les différencier des comptes publics, affirme Mireille Elbaum. Et ce n’est pas anodin... Du coup, quand on regarde dépenses publiques ou le déficit, ce n’est pas la même chose au niveau des comptes publics. »

C’est sans doute pourquoi ce que l’on appelle « la dette sociale » est la rare partie de la dette publique qui est gérée avec une attention particulière. « On prévoit un retour à l’équilibre en 2016, alors que le taux de croissance n’est pas extraordinaire. Il ne faut pas l’oublier », ajoute Mireille Elbaum.

Pour l’inspectrice générale, la part de dépenses de santé peut prendre de plus en plus d’importance. « La vrai question, aujourd’hui, poursuit-elle, c’est l’apport de ces prestations au bien être collectif et humain…  Redistribution, efficacité et efficience, voilà le débat qui concerne l’ensemble des citoyens. »

Reste le financement de ce système de protection sociale et « la question du coût du travail et la diversification de l’assiette des cotisation sociale », notamment avec la taxation du patrimoine et des placements.

« Le modèle français est confronté aujourd’hui à des difficultés sur les différentes logiques des outils de prestations sociales. On arrive même à trouver des logiques redistributives qui sont opposées. » C’est l’exemple des couvertures complémentaires qu’on a choisi de généraliser face à l’assurance-maladie de base. « Les complémentaires de branches sont financées par des primes et des exonérations et ont une logique de financement totalement différentes de l’assurance santé de base. On est loin d’une cohérence… », assure présidente du Haut Conseil du financement de la protection sociale.

Pour elle, il est temps de « retrouver une logique de cohérence pour favoriser l’appropriation du système par la population ».

Vos réactions

Vous aimeriez aussi

- Par Anne-Marie Thomazeau

Le tarif des prothèses dentaires sera plafonné

Ce plafonnement sera progressif sur 4 ans. De nouvelles consultations pour les jeunes et les diabétiques seront également prises en charge.

- Par Marilyn Perioli

Contre les déserts médicaux : développer des initiatives originales

L'Ordre des médecins met en avant les initiatives originales qui ont lieu dans les régions pour améliorer l'offre de soins dans les déserts médicaux.

- Par Marilyn Perioli

Durcissement de l'accès aux soins pour les étrangers

Les conditions de l'accès aux soins pour les étrangers se durcissent, d'après l'Observatoire du droit à la santé des étrangers et les associations.