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Mobilisation pour le suivi médical des salariés

Mutualistes, syndicalistes et militants associatifs de plusieurs régions de France et même d’Italie se sont réunis pour faire le point, pour la première fois, sur le suivi médical pendant et après la vie professionnelle des salariés exposés à l’amiante ou à d’autres produits dangereux pour leur santé.

Véronique Vigne-Lepage

Organisée par les Caper Sud- et Nord-Isère, avec le concours de la Mutuelle de France Plus et des Mutuelles de France réseau ­santé, la rencontre entre syndicalistes (Cgt et Cfdt) et mutualistes du 13 novembre dernier, à Champ-sur-Drac (Isère), a été l’occasion de débattre, tous acteurs sociaux confondus, « sur le suivi médical des salariés exposés à l’amiante et autres produits à risques, pendant et après la vie professionnelle ». La réunion s’est déroulée dans une ambiance conviviale, qui n’a pas exclu critiques et revendications : des dispositifs existent, mais ils sont insuffisants, mal utilisés, lacunaires, se sont accordés à dire les participants. La visite médicale de fin de carrière, par exemple, l’une des recommandations que la Haute Autorité de santé (Has) a élaborées en 2009, « n’est souvent pas effective ou est mal “ renseignée ” », pointe Omar Brixi, médecin épidémiologiste et consultant auprès des organisateurs.
« L’attestation d’exposition signée par l’employeur manque souvent, poursuit le médecin. Or cette visite, et ce document, est centrale car c’est elle qui ouvre droit à un suivi postprofessionnel (Spp). » Pourtant, des expériences conduites dans différentes régions ont permis de retrouver les personnes ayant été exposées et leur proposer ce Spp. Mais ces expériences n’ont pas été élargies et les salariés restent mal informés ou peinent à obtenir l’attestation d’exposition. « Il n’y a en outre pas de continuum tout au long de la vie professionnelle », constate le Dr Brixi, alors que l’expérience de « dossier médical amiante » mis en place par la Mutuelle de France Plus pour les salariés de la réparation navale des Bouches-du-Rhône prouve que cela est possible.
Ce sont les employeurs, et leurs craintes, qui sont responsables de ces lacunes, selon Lynda Bensella, secrétaire de l’Union départementale Cgt 38 : « La traçabilité des expositions, c’est l’opération vérité qu’ils redoutent, car elle a un coût et elle remet en cause les organisations du travail. » D’autant qu’elle ouvre aussi la voie aux recours en justice… « Mais en France, regrette Alain Bobbio, secrétaire national de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), on en est encore à attendre un grand procès de l’amiante, contrairement à ce qui se passe en Italie ! »
Face à tous ces constats, les participants à cette journée souhaitent renforcer la pression sur les pouvoirs publics. « Nous n’obtiendrons que ce que nous demanderons, poursuit Alain Bobbio. Il faut au moins que la réglementation soit appliquée, ainsi que les recommandations de la Has. Il faudrait aussi la possibilité d’une visite médicale entre deux examens et une convocation systématique des personnes retraitées ayant été exposées. » Il estime également que les associations de victimes « ont leur mot à dire sur la manière dont le Spp doit se dérouler ».
Aux Mutuelles de France, on a donc appelé à lutter contre le phénomène massif de sous-déclaration des maladies d’origine professionnelle, par exemple les cancers, « car leur prise en charge pèse sur la branche maladie de la Sécurité sociale et sur les complémentaires santé ».
« Sur tous ces sujets, il y a parfois confusion des rôles, notamment parce qu’une même personne a souvent plusieurs casquettes, mutualiste, syndicaliste et militant associatif, constate Carole Hazé, responsable prévention de la Fédération des mutuelles de France. Nous devons préciser nos engagements respectifs et agir davantage dans la complémentarité. »

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