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Progrès médical

Pancréas artificiel, un espoir pour les diabétiques

Anne-Marie Thomazeau
©Laurent CERINO/REA

En France, 50 % des personnes touchées par le diabète de type 1 ont du mal à équilibrer leur taux de glycémie. Pour eux, le pancréas artificiel, qui régule le glucose sanguin à la place du pancréas défaillant, est un espoir.

Le Diabeloop, nouveau dispositif électronique issu de la French Tech, développé par le Ceritd (Centre d’etudes et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète) en partenariat avec le Leti, institut de Cea Tech, devrait améliorer considérablement le quotidien des personnes atteintes de diabète de type 1. Suite à une enquête réalisée par la Fédération française des diabétiques (Adf) pour le Ceritd auprès des patients, 83,5 % d’entre eux souhaiteraient bénéficier du pancréas artificiel de façon « extrêmement probable » et « très probable ». Actuellement en cours d’études cliniques dans 10 Chu en France, Diabeloop pourrait éviter 1 000 décès et 10 000 hospitalisations par an.

Le pancréas artificiel, où en est-on aujourd’hui ?

Les pompes à insuline, puis les capteurs de glycémie (Cgm) qui mesurent la glycémie en continu, ont représenté des progrès importants. Mais la pompe étant un système « en boucle ouverte », il incombe toujours au patient de déterminer lui-même la dose d’insuline à injecter. A l’inverse, le pancréas artificiel est un système « en boucle fermée » qui délivre l’insuline automatiquement, en fonction du taux de glycémie mesuré par le capteur. Le tout premier prototype remonte aux années 1970, mais c’est seulement depuis quelques années que la recherche est entrée dans une phase avancée. « Plusieurs consortiums internationaux développent des projets. Certains font déjà l’objet d’essais en dehors de l’hôpital, auprès d’adultes ou d’enfants. Mais à ce jour, aucun n’est encore sur le marché et Diabeloop est le seul projet de pancréas artificiel français. Une de ses originalités est d'intégrer une boucle de télémédecine, c'est-à-dire une approche de service au patient qui va bien au-delà du développement d’un objet », explique le Pr Eric Renard, coordinateur du département d'endocrinologie, diabète, nutrition au Chu de Montpellier et membre du conseil scientifique de Diabeloop.

Diabeloop, le nouveau pancréas artificiel français

Le système comprend un appareil de mesure continue du glucose (Mcg)  collé sur le ventre, connecté via Bluetooth à un smartphone dédié qui permet l’interface avec le patient et comporte un algorithme complexe, personnalisé, qui détermine les doses d’insuline en fonction de l’historique et de la physiologie de chacun. Ce smartphone commande la pompe à insuline « patch » Cellnovo. Les informations sont transmises en permanence à un service de télémédecine spécialisé qui peut intervenir à tout moment si besoin, en coordination avec le diabétologue du patient. « L’algorithme prévoit ce qui va se passer de façon bien plus fiable que ne le ferait le patient seul. Pour un traitement encore plus précis, ce dernier peut améliorer cette prévision en “prévenant” la machine, si possible deux heures à l’avance, lorsqu’il va manger ou pratiquer un exercice physique particulier », détaille le Dr Guillaume Charpentier, président de Diabeloop et du Ceritd.

Après des études à l’hôpital qui ont validé l’intérêt du système, les essais « en vie réelle » commencent début 2016 avec la participation de 10 Chu. Puis, en 2017, une étude évaluera Diabeloop auprès de 100 patients qui le porteront trois mois à domicile, en vue de l’obtention du marquage CE. La commercialisation en Europe pourrait ainsi débuter fin 2017. En 2018, une étude comparative de supériorité par rapport aux traitements existants sera menée auprès de 200 patients pendant un an pour obtenir le remboursement en 2019. « Les premiers patients qui pourront en bénéficier sont les diabétiques de type 1 adultes qui ne parviennent pas à équilibrer leur taux de glycémie malgré un schéma basal/ bolus bien suivi », précise le Dr Guillaume Charpentier.

 

Le Ceritd est une organisation à but non lucratif en faveur du traitement du diabète et de la recherche sur le diabète. Il offre à 1 200 patients, dans trois centres en France, un réseau d'infirmiers et de praticiens spécialisés.

 

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