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Prévention

Portables : encore beaucoup d'inconnues sur l'effet des ondes sur la santé

Brigitte Bègue

Pour l'Agence de sécurité sanitaire, les radiofréquences peuvent entraîner des effets biologiques, mais elle ne relève pas d'effets "avérés" sur la santé.

 

Alors qu'en 2011, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les radiofréquences émises par la téléphonie mobile comme « possiblement cancérigènes pour l'homme », l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), dans un avis rendu public ce matin, indique qu' « aucun effet neurotoxique d'une exposition aux radiofréquences n'a été mis en évidence » sur le système nerveux central.

Son analyse repose sur 308 articles scientifiques publiés entre avril 2009 (date de la dernière expertise de l'ANSES) et décembre 2012 dont « deux-tiers  sont de qualité suffisante », juge l'ANSES.

Concernant les tumeurs du cerveau (gliome), le rapport relève un niveau de preuve insuffisant sur la population générale mais « un effet possible pour les utilisateurs intensifs, ayant cumulé plus de 1 640 heures d'exposition », soit une heure de téléphone chaque jour pendant quatre ans. De même, il indique qu'une étude « semble laisser ouverte l'hypothèse d'une augmentation du risque de neurinome vestibulaire acoustique chez les utilisateurs à long terme de téléphones mobiles ».

L'ANSES indique également que l'exposition chronique aux ondes peut provoquer des effets biologiques sur le corps, variables selon les études : augmentation ou diminution du nombre total de neurones, mort cellulaire neuronale, oxydation voire cassure de l'ADN, modification de l'activité électrique cérébrale, inflammation, etc. Mais, selon l'Agence, « il n'est pas possible aujourd'hui d'établir un lien de causalité entre ces effets biologiques décrits et d'éventuels effets sanitaires qui en résulteraient ». Elle invite néanmoins à des recherches complémentaires.

Les experts ne notent pas non plus d'impact tangible sur les fonctions cognitives, la mémoire et le sommeil à court terme même si un effet physiologique sur la fréquence des fuseaux de sommeil et si l'absence d'études à long terme sont pointés.

Le rapport pointe le manque de données de qualité sur l'influence des ondes sur les rythmes circadiens de l'organisme (alternance sur 24 h entre la veille et le sommeil) et un « niveau de preuve insuffisant » sur les fonctions auditives, les acouphènes, la sclérose en plaque, l'épilepsie et la maladie d'Alzheimer. Idem pour la fertilité masculine et féminine, le système endocrinien et immunitaire...

Mais précise, l'ANSES, « ce n'est pas un constat d'absence d'effet ou de sûreté globale. Cela signifie souvent que davantage de recherches sont nécessaires, notamment quand les données sur l'effet étudié sont compatibles avec des interprétations divergentes ».

L'ANSES souligne qu'« aucun élément ne permet de proposer de nouvelles valeurs limites d'exposition » mais reconnaît « la nécessité de surveiller les effets possibles des radiofréquences dans de populations potentiellement plus fragiles : enfants, femmes enceintes, personnes âgées, sujets épileptiques, etc. ».

Elle recommande que l'usage des technologies sans fil sur le stress, la fatigue, le burn-out, l'addiction... soit étudié plus avant dans la population générale et professionnelle.

Enfin, l'ANSES consacrera une étude à l'électrosensibilité en 2014 : « Nous allons examiner toutes les données sur ce sujet qui mérite une attendion particulière», a déclaré Marc Mortureux, le directeur de l'Agence.

 

LES RECOMMANDATIONSDE L'ANSES :

-réduire l'exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone mobile et en privilégiant le plus le recours au kit main-libre et aux terminaux mobile de DAS les plus faibles ;

-recourir au kit main-libre pour les adultes, gros utilisateurs de portables ;

-mener des études approfondies sur les conséquences d'une éventuelle multiplication d'antennes-relais afin de baisser les niveaux d'exposition des personnes ;

-tenir compte du cumul des niveaux d'exposition existants dans le développement de nouvelles infrastructures de réseaux ;

-documenter les situations d'installations conduisant aux expositions du public les plus plus fortes et voir dans quelle mesure on peut les diminuer.

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