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Don d'organes ou comment « Réparer les vivants »

A propos du don d'organes, la loi prévoit que, dès janvier 2017, chaque citoyen sera considéré comme un « donneur présumé ».

Marilyn Perioli
©123RF

En France, des milliers de patients sont en attente de greffe. 553 personnes sont décédées en 2015 fautes de donneurs d'organes. A partir de 2017, chaque citoyen sera considéré comme un « donneur présumé ». Le 17 octobre, Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, est l'occasion de réfléchir à ce sujet.

« Donneur présumé »

A partir du 1er janvier 2017, chaque Français sera considéré comme un « donneur présumé ». La famille d’un défunt sera informée, mais non plus consultée. Au nom du principe de solidarité, la loi fait de chaque citoyen un donneur d’organes et de tissus, sauf s’il a fait savoir de son vivant qu’il y était opposé en s’inscrivant sur le Registre national des refus.
En conséquence, la loi considère que tout le monde est donneur d’organes par défaut : ne pas s’inscrire au Registre national des refus, c’est accepter de donner ses organes.

La loi et la pratique

D'un côté, il y a la loi et de l'autre le moment délicat où il faut prendre une décision. Dans les faits, avant d’entreprendre un prélèvement, les équipes médicales consultent toujours les proches du défunt pour s’assurer qu’il n’avait pas manifesté d’opposition au don ou qu’il avait confirmé son accord pour le don d’organes. Dans plus d’un tiers des cas, les proches, lorsqu’ils sont consultés, témoignent du refus de la personne défunte, souvent sans connaître sa position.

Dans un contexte de pénurie croissante des greffons, le principe de consentement présumé est salué par le corps médical et les associations. En effet, critiquée au début (on a parlé de  « prélèvement sauvage »), cette loi vise à libérer la parole sur ce sujet délicat et à échanger avec sa famille, ses proches pour que le prélèvment ne soit « pas vécu comme une violence », explique la Fédération nationale des associations (Fnair) qui a soutenu cette loi.

Le Registre national des refus

La loi prévoit, si on ne veut pas donner ses organes, la possibilité de s'inscrire de son vivant sur le registre automatisé des refus de prélèvement. Mais 7 %  seulement des Français connaissent l'existence de ce registre. En trente ans, moins de 100 000 personnes y ont eu recours.
Pour la Fnair « ce projet d’évolution de la loi, en offrant une nouvelle opportunité d’exprimer de son vivant son refus du don et en faisant comprendre aux proches l’importance de respecter sa volonté, va dans le bon sens ».

En savoir plus sur le site dondorganes.fr.

A voir au cinéma : « Réparer les vivants », sortie 1er novembre 2016, de Katell Quillévéré Avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval. D'après le roman de Maylis de Kerangal.

Au théâtre : « Réparer les vivants », adaptation, interprétation et mise en scène : Emmanuel Noblet. En tournée dans toute la France.

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