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Prendre trois minutes pour soi

Christophe André, psychiatre, a été le premier à introduire la méditation à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, en 2004. Son livre propose des rendez-vous méditatifs de trois minutes, comme une parenthèse dans nos vie bien remplies.

Marilyn Perioli
copyright Sandrine Roudeix

Le livre de Christophe André, 3 Minutes pour méditer, est une invitation au calme, un rendez-vous intime qui aide à nous poser et prendre soin de nous.

Pourquoi cet engouement pour la méditation ?

L'époque que nous vivons n'invite pas au calme, au contraire. Il y a beaucoup de sollicitations, de dispersions, d'informations à gérer. On manque de temps pour nous et pour les autres. La « digitalisation » (le fait d'être sur les écrans en permanence) provoque des troubles relationnels, de l'attention, de la concentration, une instabilité, qui touchent toutes les tranches d'âge.

C'est une véritable « pollution sociale ». On finit par être carencé en moments de calme, de lenteur.

On est aussi dans un sentiment d'insécurité permanent. Il y a quelques années, les parents pensaient que l'avenir de leurs enfants serait meilleur. Aujourd'hui, beaucoup pensent qu'il sera pire. Je remarque cette inquiétude depuis les années 1990 environ. D'où des troubles anxieux, des problèmes de sommeil...

Quelle méditation proposez-vous ?

La méditation de pleine conscience, celle que je propose, est une pratique laïque et simple d'accès. Elle peut aider à gérer les angoisses du quotidien, réapprendre à être attentif, concentré. Je propose de commencer par trois minutes par jour, qui peuvent par la suite,- se répéter dans la journée, si on en ressent le besoin (le livre s'accompagne d'un CD). Le mieux est de méditer quotidiennement, de se poser plus souvent qu'il est nécessaire. C'est aussi une façon d'apprendre à vivre le moment présent dans notre vie quotidienne : quand on cuisine, quand on lit une histoire à son enfant... L'idée est d'être vraiment à ce que l'on fait.

Quel impact a la méditation sur notre comportement ?

Dans les années 1970, aux Etats-Unis, le Dr Jon Kabat-Zinn a lancé une technique de méditation en pleine conscience, beaucoup plus simple que ce qui se pratiquait à l'époque. Il a eu l’intuition que cette technique pourrait devenir un puissant outil d’équilibrage, de santé et de bien-être. Et les études scientifiques l'ont validée, surtout chez les personnes anxieuses et dépressives. La méditation a aussi un impact positif sur l'équilibre émotionnel, on affronte mieux les émotions négatives, et savourons davantage ce qu'il y a de bon dans la vie. On ne se laisse plus emballer par le flot de ses pensées, ses ruminations, et on prend du recul plus facilement.

D'autres études ont montré l'impact positif de la méditation sur les douleurs chroniques car elle atténue la perception de la douleur en modifiant les câblages neuronaux. Dans mon service, à l'hôpital Sainte-Anne, on utilise beaucoup la méditation en psychiatrie pour prévenir les rechutes dans les troubles émotionnels. On l'expérimente aussi pour traiter les addictions. Mais elle reste une approche complémentaire et ne remplace pas les soins.

La méditation, dans la vie quotidienne, c'est un peu comme le sport, ça marche à condition qu'on la pratique régulièrement.

A lire

3 Minutes à méditer, de Christophe André, éd. l'Iconoclaste, 19,90 €.

Pour les plus aguerris : la Méditation jour après jour, éd. l'Iconoclaste, 24,90 €.

 

 

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