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Par le diagnostic préimplantatoire (Dpi), on recherche des anomalies génétiques chez des embryons obtenus par fécondation in vitro (Fiv). Les embryons « sains » sont transférés dans l’utérus. 2 % des enfants naissent par Fiv et pourraient donc être soumis au tri d’embryons.
La loi de bioéthique de 1994 l’autorise pour les maladies monogéniques ou chromosomiques, qui se manifesteraient inévitablement si l’embryon porteur devenait un enfant.
Cette loi prévoyait que le Dpi ne pouvait avoir lieu que si une maladie génétique grave (myopathie, mucoviscidose), reconnue comme incurable au moment du diagnostic, avait été identifiée chez l’un des parents.
En 2004, sur recommandation du Comité consultatif national d’éthique, la loi a étendu l’objet du Dpi, non plus seulement dans l’intérêt de l’enfant à naître, mais dans l’intérêt d’un tiers.
Elle autorise à sélectionner, parmi les embryons d’un couple, celui qui, sain, peut devenir donneur en faveur d’un frère ou d’une sœur. C’est le « bébé médicament ».
Un nouveau pas vient d’être franchi. Contre l’avis de l’Agence de biomédecine, 2 des 3 centres français (Strasbourg et Montpellier) proposant le Dpi ont décidé de dépister la prédisposition à certains cancers afin d’éviter la naissance d’enfants porteurs du risque.
Ce qui est pris en compte, ce n’est plus une certitude, mais une éventualité. A l’avenir, la liste pourrait s’étendre : sclérose en plaques, diabète… mais aussi autisme, schizophrénie et, pourquoi pas, hypermétropie, calvitie…
En Grande-Bretagne, un Dpi a été réalisé pour un strabisme. En Asie,
le tri des embryons en fonction du sexe est ouvertement revendiqué – « Mieux vaut tuer l’embryon dans l’éprouvette que la petite fille à la naissance », commente un gynéco indien.
Aux Etats-Unis, 42 % des cliniques pratiquant le Dpi l’ont déjà utilisé pour sélectionner le sexe de l’enfant. Plus insolite : 3 % des Dpi sont utilisés par des patients atteints de handicap afin que leurs futurs enfants aient les mêmes caractéristiques qu’eux et restent dans leur monde.
• 3/12/2008
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Anne-Marie Thomazeau