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Environnement
Les cosmétiques bio ont-ils tout bon ?Mise en ligne : 2 octobre 2009
Garantis naturels, sans parabène, sans silicone… depuis quelque temps les cosmétiques bio fleurissent dans les boutiques. Mais que renferment-ils vraiment, et les différents labels sont-ils fiables ?
Le désir d’être belle tout en respectant la nature et en protégeant sa santé est tendance, et les marques de cosmétiques l’ont bien compris. Il suffit de jeter un œil sur les rayons d’hygiène et de parfumerie pour le constater : les crèmes de soins, les gels douche, le maquillage ont viré au vert. Avec 210 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés en France en 2007, le secteur des cosmétiques biologiques voit sa part de marché augmenter de 30 à 40 % chaque année.
Mais qu’y a-t-il réellement dans les pots de crème bio ? Car un cosmétique, malgré l’estampille, n’est jamais complètement bio. Souvent, ne sont bio que les ingrédients végétaux qui entrent dans sa composition. Par exemple, le label Nature et progrès garantit 100 % d’ingrédients végétaux bio : ce pourcentage peut paraître élevé, sauf si les ingrédients végétaux ne représentent que 3 % du produit !
Une charte commune
Aussi, pour bien choisir, préférez les produits labellisés ayant fait l’objet d’un contrôle et lisez attentivement les étiquettes. Celles-ci doivent obligatoirement détailler les ingrédients (que les produits soient bio ou non) par ordre décroissant de quantité contenue dans le produit. Ces ingrédients doivent figurer sur une liste appelée Inci (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), liste souvent incompréhensible pour les consommateurs.
Par ailleurs la disparité entre les labels contribue à semer la confusion. En attendant la création d’un label bio commun en Europe, il faut savoir que tous les labels s’accordent sur le principe selon lequel les cosmétiques bio doivent être fabriqués à partir de matières premières naturelles, avec un minimum de 50 % d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture biologique.
Silicone, paraffine, matières premières d’origine animale (sauf celles issues de l’animal vivant, comme le miel, le lait), parfum ou colorant de synthèse (chimiques), Ogm sont impérativement exclus de la liste de leurs ingrédients. Ils ne doivent pas non plus avoir été testés sur des animaux, et les procédés de fabrication sont tenus de respecter la santé et l’environnement.Parfois pas si bio que ça…
On pourrait penser que le respect de ces règles garantit la qualité des cosmétiques bio… Pas si sûr. En effet, face à la déferlante des produits bio, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ont mis le nez dans nos pots de crème.
En 2008, ces deux organismes ont entamé une enquête de surveillance des cosmétiques portant la mention « bio » et vantant l’absence de conservateurs, notamment du parabène et du phénoxyéthanol. Sur les 28 produits testés, 22 contenaient des traces de conservateurs, dont 6 des dérivés du parabène. Un produit a même dû être retiré du marché car il était contaminé par une bactérie, et un autre présentait des risques microbiologiques.
Enfin, l’enquête a révélé que certains fabricants mettaient en avant l’absence d’un conservateur alors que le produit en contenait d’autres. Si l’Afssaps et la Dgccrf n’ont pas conclu à des pratiques délibérément trompeuses, elles restent vigilantes.
Ne jetez pas pour autant vos produits de beauté bio à la poubelle, car si tout n’est pas encore parfait dans le monde des cosmétiques bio, ils sont malgré tout moins nocifs pour l’environnement et votre peau que les produits ordinaires.A lire aussi Les différents labels
Les produits « Naturels »
A la différence des cosmétiques bio, dont au moins 50 % des ingrédients végétaux sont obligatoirement bio, les produits cosmétiques naturels n’offrent aucune garantie. Ils sont effectivement conçus à partir de matières premières naturelles, issues de végétaux ou de minéraux, mais pas nécessairement bio. Le qualificatif « naturel » n’a pas de définition légale, mais une priorité est donnée aux ingrédients et aux composés ayant subi peu de transformations mécaniques et chimiques.