Retour au format normal
Ecole
Respecter le rythme de l’enfantMise en ligne : 2 octobre 2009
Depuis l’an dernier, la plupart des écoles sont passées à la semaine de quatre jours. Un rythme qui, selon les chercheurs, ne correspond pas à celui de l’enfant.
La réforme de l’école primaire, entrée en vigueur à la rentrée 2008, a supprimé les cours du samedi matin. Une mesure qui a emporté l’adhésion des parents ne travaillant pas le samedi ou séparés, et celle de secteurs économiques comme l’industrie du tourisme.
Cette réforme a permis au ministère de l’Education nationale, en confiant aux enseignants libérés des cours du samedi les heures de soutien aux élèves en difficulté, d’économiser des milliers de postes d’enseignants spécialisés travaillant dans les Rased (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).
Peu d’équipes pédagogiques ont décidé d’ouvrir les écoles le mercredi matin, comme le ministère le préconisait. Résultat : la quasi-totalité des écoles françaises sont passées à la semaine de quatre jours. « Je regrette l’absence de concertation, et notamment avec les chercheurs », déplore François Testu, chronopsychologue, professeur à l’université de Tours*.Les dangers de la semaine de quatre jours
Pourtant, depuis des années, les chronobiologistes – spécialistes de l’horloge biologique – alertent sur les dangers de la semaine de quatre jours, qui perturbe le rythme de l’enfant.
« Cela engendre soit un alourdissement de la journée scolaire – que nous considérons déjà comme beaucoup trop longue, notamment pour les tout-petits –, soit une réduction des petites vacances et un allongement du premier trimestre. Qui peut résister à un premier trimestre débutant en France au tout début septembre et représentant 40-42 % du temps scolaire annuel ? » s’interroge François Testu.En 2001 il a été décidé d’allonger, pour la porter à dix jours, la pause de la Toussaint, époque de l’année où nous sommes le plus vulnérables physiquement et psychologiquement.
« Il faut dire qu’à cette période la mer est froide, la neige absente, et la campagne jaunissante ! ironise François Testu. Il est urgent de proposer un calendrier équilibré, où les périodes de classe de sept à huit semaines alterneraient avec deux semaines de vacances. Cela implique que le premier et le troisième trimestres scolaires soient remaniés, quitte à réduire les grandes vacances. »Des inégalités accrues
La semaine de quatre jours accroîtrait les inégalités entre les enfants auxquels sont proposées des activités d’éveil et les autres, livrés à eux-mêmes, surtout dans les grandes villes.
« Les quatre jours sans activités périscolaires, nous en avons évalué les effets catastrophiques sur le terrain. Un week-end prolongé a des conséquences qui durent jusqu’au lundi, voire au mardi midi, conclut le chronobiologiste. Les enfants ont du mal à se remettre au rythme de l’école – le vendredi lui-même est perturbé à cause de l’approche du samedi. S’il y a transfert du samedi au mercredi matin, il faut mettre en place des activités culturelles et sportives dans le cadre scolaire. Ils en avaient le mercredi matin, ils doivent les retrouver. »A lire aussi : Un rapport attaque la semaine de quatre jours
Anne-Marie Thomazeau
P.S. * Lors d’un colloque intitulé « Rythmes de l’enfant : un autre aménagement est possible », organisé par la Fcpe en mars 2009.
L’emploi du temps idéalPendant la journée
Les cours ne commenceraient pas avant 9 heures. L’attention augmentant progressivement au cours de la matinée pour chuter en début d’après-midi, avant de remonter en deuxième partie de l’après-midi, des activités de détente seraient prévues dans ces moments de creux (début de matinée et d’après-midi).
Pendant la semaine
Le lundi étant un jour de faible performance, il doit être réservé à des activités sollicitant des efforts intellectuels et physiques moins soutenus. Il faudrait ouvrir les écoles le mercredi matin afin d’alléger les autres journées, surtout pour les plus petits. La durée hebdomadaire des cours ne devrait pas dépasser 21 heures (sur cinq ou six jours) jusqu’au CE2, 25,5 heures du CM1 à la cinquième, 28 heures ensuite.
Pendant l’année
Respecter l’alternance de deux semaines de petites vacances scolaires et de sept semaines de classe, notamment au premier trimestre. Diminuer d’une ou de deux semaines la durée des vacances d’été.