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Qui va nous soigner ?
Le patient du futur sera aussi un consommateurMise en ligne : 2 novembre 2009
A l’avenir, le malade voudra que le médecin lui rende des comptes, mais qu’il prenne aussi le temps de l’écouter.
La relation médecin-malade telle qu’on la connaît, en face à face dans le huis clos du cabinet, est-elle derrière nous ? Peut-être, car, dans les années qui viennent, l’avancée des connaissances permettra d’adapter les traitements à chaque malade, la télémédecine se développera, les soins à domicile seront plus fréquents, les questions d’éthique liées aux dons d’organes, à la procréation assistée, au refus de soins, à la fin de vie… seront toujours plus nombreuses.
De plus en plus, il faudra faire des choix, s’accorder entre professionnels de la santé, et agir avec le consentement du patient. Un patient désormais éclairé, grâce notamment à Internet.
« Il va falloir expliquer, informer, écouter, faire participer les patients. C’est une nouvelle culture qui va se mettre en place, affirme Nicolas Brun, du collectif interassociatif sur la santé. Il faut que les médecins s’y mettent, qu’ils ne considèrent plus cette nouvelle exigence avec défiance. »Plus la médecine sera complexe, plus les patients exigeront des indicateurs publics de la qualité des soins. Une évaluation rendue obligatoire pour les hôpitaux par la nouvelle loi sur l’hôpital et qui pourrait s’étendre à tous les professionnels de la santé.
L’ère du patient-consommateur s’annonce : demain, la santé ne sera plus à l’abri de la mesure du rapport qualité-prix. Surtout si on demande aux usagers de mettre la main à la poche. Avec une augmentation des procès à la clé ?« La loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades permet la conciliation. Elle prévoit des dispositions qui évitent d’aller au tribunal et nous met à l’abri d’une judiciarisation à l’américaine, pondère Nicolas Brun. L’enjeu de demain, c’est de compenser la toujours plus grande technicité de la médecine par une communication et une écoute plus attentives, une humanité plus grande. »