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Prévention

Une loi pour interdire le mercure dans nos plombages ?

Brigitte Bègue

Plusieurs lanceurs d'alerte (dont André Cicolella, porte-parole du Réseau Environnement Santé, la député européenne écologiste Michèle Rivasi, la sénatrice Aline Archimbaud, la vice-présidente du réseau Non au Mercure Dentaire, Marie Grosman, etc.) demandent une loi pour que la France interdisent le mercure dans les amalgames dentaires à partir de 2015.

En 2005, la communauté européenne s'est prononcée en faveur d'une réduction progressive du mercure dans les équipements électriques, les batteries, les accumulateurs et les instruments de mesure (thermomètres...). Néanmoins, bien que la Suisse, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Géorgie et l'Arménie l'aient interdit dans les amalgames dentaires, ces derniers  représentent la première source d'imprégnation des Européens au mercure.

La France est en tête du peloton avec une consommation qui représente un tiers de celle de l'union européenne. Selon l'Agence du médicament (ANSM), un quart de nos plombages sont encore à base de mercure. Mais le ministère de la Santé estime que « rien ne permet d'affirmer aujourd'hui que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population ».

Pourtant, l'Organisation mondiale de la santé a désigné le mercure « comme l'une des 10 substances les plus préoccupantes », surtout à cause de son impact environnemental mais aussi en raison de sa neurotoxicité pouvant être dangereuse pour le système nerveux des enfants encore en développement.

« Certes, la part attribuable au mercure des amalgames dans l'incidence des maladies cardiovasculaires, neurologiques et émergentes est complexe à évaluer, toutefois, on dispose aujourd'hui d'abondantes études montrant des corrélations entre le mercure et de nombreuses pathologies, de sorte que le mercure doit être éliminé si possible de tous ses usages », déclarent les lanceurs d'alerte qui proposent que la France fasse comme la Suède et dérembourse les plombages au mercure dès 2015 et privilégie les alternatives (résines, etc.).

En octobre dernier, les Nations-Unis  ont signé la convention de Minamata leur imposant de réduire les émissions de mercure dans l'environnement, y compris celui entrant dans la composition des amalgames.

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